Deux militants de Greenpeace accusés de vol

Chasse à la baleine - Deux militants de Greenpeace accusés de vol

Greenpeace demande la libération de deux de ses militants, accusés de vol au Japon.

Virginie Roy

Les deux militants de Greenpeace, enfermés depuis presqu’un mois au Japon pour avoir dénoncé ouvertement une affaire de corruption dans les milieux de la chasse à la baleine, ont été formellement accusés de vol.

En effet, le bureau du procureur de la préfecture d'Aomori, au Nord du Japon, a accusé de vol Junichi Sato et Toru Suzuki. Selon ces deux militants de Greenpeace, qui ont mené une enquête de quatre mois, ils auraient des preuves de la vente sur le marché noir de viande de baleine obtenue grâce aux programmes de chasse à la baleine que subventionne le gouvernement japonais.

Junichi et Toru auraient saisi une boîte contenant 23,5 kg de chair de baleine, d'une valeur de près de 2000 euros, expédiée clandestinement, depuis le Nisshin Maru, le navire usine amiral des baleiniers japonais. Selon Greenpeace, une partie des cétacés tués cet hiver par le Japon dans l'Antarctique se terminait ainsi sur le marché noir.

Rappelons qu’un moratoire international qui interdit de chasser la baleine à des fins commerciales a été conclu en 1986. Le Japon avait d’ailleurs cessé de s’adonner à la chasse à la baleine. Mais, l’année suivante, le pays a commencé ce qu’il appelle un programme de recherche scientifique sur la chasse à la baleine, un moyen détourné, selon une majorité, pour continuer d’abattre ces cétacés.

Mobilisation importante
La détention des deux militants, depuis le 20 juin dernier, a donné lieu à une immense mobilisation. Plus de 30 ONG, dont Amnesty International et Oxfam, et 250 000 personnes à travers le monde se sont prononcés pour leur libération.

«Depuis le début, il est clair que l'arrestation et la détention, et aujourd'hui l'inculpation des deux activistes sont motivées par des impératifs politiques. En exposant au grand jour la corruption de ce milieu et le gâchis de fonds publics que représente le maintien de ce programme étatique de chasse, Greenpeace dérange... De puissantes forces de l’appareil japonais veulent faire taire une protection pacifique et légitime contre le massacre de baleines», a déclaré dans un communiqué Gerd Leipold, directeur international de Greenpeace.

Greenpeace demande maintenant la libération des deux militants et une enquête indépendante sur ces pratiques de corruption.


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