La Commission mixte internationale (CMI), un organisme canado-américain chargé de régler les problèmes relatifs aux eaux limitrophes des deux pays, notamment le bassin des Grands Lacs, ne cesse de soulever les passions. Après le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal, les ports de Montréal et de Trois-Rivières, c’est au tour de l’organisme environnemental Nature Québec de s’indigner contre son plan de modification du débit du fleuve Saint-Laurent.
En effet, pour corriger les problèmes de niveau d’eau de la Ville de Québec et de Lévis, la CMI propose de réduire le débit du fleuve par le barrage Moses-Sander, entre Cornwall, en Ontario, et Massena, dans l’État de New York. Or, nombreux sont ceux qui craint que ce projet ait des effets négatifs sur la quantité et la qualité de l’eau. C’est pourquoi la CMI tient présentement des audiences publiques sur ce projet.
Pour Nature Québec, qui a remis son mémoire à la Commission cette semaine, le plan proposé est insoutenable du point de vue du développement durable. L’organisme demande donc de mettre de côté sa proposition d’automatiser son mode de gestion des débits du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent et de maintenir le Plan 1958D en place pour le moment.
Recommandations de Nature Québec
Parmi les recommandations de l’organisme, Nature Québec propose de privilégier une régularisation des eaux qui soit le plus près possible des débits naturels. L’organisme veut aussi que la CMI assure que les lois du Québec concernant la protection de la plaine inondable du fleuve Saint-Laurent seront en place, appliquées et rigoureusement suivies, et ce, afin de tendre vers une approche écosystémique dans la protection de l’environnement.
Également, Nature Québec désire obtenir un engagement ferme et à perpétuité qu’aucun dragage ne sera effectué dans le Saint-Laurent pour élargir ou approfondir la voie navigable et la voie maritime. L’organisme veut aussi obtenir les garanties préalables que les moyens utilisés afin de diminuer l’écoulement de l’eau dans le chenal de navigation ou la voie navigable n’auront aucun impact négatif sur l’environnement. Pour Nature Québec, la CMI doit élargir la zone d’influence directe de la régularisation de l’eau du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, qui se termine actuellement à Trois-Rivières, jusqu’à la pointe Est de l’île d’Orléans;
Finalement, Nature Québec demande à la CMI de mettre en place un comité de travail sur la recherche des impacts cumulatifs des changements climatiques sur le système Saint-Laurent/Grands-Lacs.