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Vieux-Port de Montréal

Le vérificateur général enquêtera

Agence QMI 
Huguette Young
26/04/2012 14h56 - Mise à jour 26/04/2012 19h14
 
 
Vieux-Port de Montréal - Le vérificateur général enquêtera
La ministre fédérale des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Rona Ambrose. 
© Agence QMI / Archives

OTTAWA – Les allégations de dépenses excessives de la présidente directrice générale du Vieux-Port de Montréal, Claude Benoit, seront scrutées à la loupe par le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson.

La ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Rona Ambrose, en a fait l'annonce jeudi à la Chambre des communes. Sans offrir de détails, elle a précisé qu'elle avait demandé à M. Ferguson de lancer une «enquête indépendante» pour faire la lumière sur cette affaire qui plonge le gouvernement de Stephen Harper dans l'embarras.

À Montréal, le président du conseil d'administration de la Société du Vieux-Port de Montréal, une société de la Couronne qui relève du gouvernement fédéral, a favorablement accueilli cette démarche.

«Nos livres sont ouverts et nous sommes confiants que les résultats de cette enquête confirmeront les bonnes pratiques de gestion de la SVPM», a indiqué par voie de communiqué le président du C.A., Gerry Weiner, un ex-ministre conservateur sous le gouvernement de Brian Mulroney.

C'est toutefois un autre son de cloche de la part du Syndicat des employés du Vieux-Port de Montréal qui s'est dit «choqué» d'apprendre que la haute direction du Vieux-Port se permettait des «dépenses douteuses» dans un contexte de compressions budgétaires, a relevé un porte-parole, Jean-Sébastien Schetagne.

Pour le ministre d'État au Tourisme et à la Petite entreprise, Maxime Bernier, une enquête plus large au Vieux-Port s'imposait, car à ses yeux, «il y a des dépenses qui sont injustifiables».

«Vous savez, nous gérons l'argent des Canadiens et Canadiennes de façon responsable et on s'attend à ce que les sociétés d'État fassent la même chose», a-t-il évoqué lors d'un point de presse.

Mme Ambrose a également demandé au conseil d'administration du Vieux-Port de Montréal de passer les dépenses du Vieux-Port au peigne fin. Une démarche vide de sens, selon le Nouveau parti démocratique, car on demande aux gens qui ont autorisé ces dépenses de les justifier.

Pour le ministre Bernier, toutefois, ces deux exercices peuvent être menés en parallèle. «L'un n'empêche pas l'autre», a-t-il dit.

L'Agence QMI révélait jeudi que la Société du Vieux-Port avait eu des démêlés avec les propriétaires du restaurant Scena qu'elle souhaite expulser parce qu'elle estimait que ce restaurant n'était pas suffisamment rentable et que le divertissement promis n'avait pas été livré.

La Cour supérieure du Québec condamnait toutefois le Vieux-Port à rembourser tous les frais judiciaires et dépens à Pierre Carrier et son fils David, propriétaires du restaurant Scena.

À ce sujet, M. Wiener a précisé que ce n'est jamais «de gaieté de cœur que la Société entame des poursuites judiciaires avec un partenaire d'affaires», mais qu'il était important de s'assurer «de l'intégralité des ententes intervenues». Le litige est toujours devant les tribunaux.

Une enquête de l'Agence QMI a révélé que Mme Benoit a dépensé 55 487 $ pour deux retraites de travail à Mont-Tremblant pour elle et ses dirigeants et 169 repas préparés par des traiteurs et livrés à leurs bureaux.

Mme Benoit s'est fait rembourser 10 100 $ pour avoir «travaillé» pendant 12 jours lors de son voyage de 29 jours en Australie, en 2008-2009. Une partie de son billet d'avion en première classe a été facturée, de même qu'une partie d'une croisière vers la Nouvelle-Zélande.

Ces informations continuent de faire sourciller les partis d'opposition. Pour le chef libéral Bob Rae, l'enquête du vérificateur général ne peut pas attendre.

«Allez-y. On aurait dû le faire hier», a-t-il dit.

Le député néo-démocrate montréalais Alexandre Boulerice aimerait convoquer Mme Benoit devant un comité parlementaire pour «avoir des réponses franches et directes», notamment au sujet de ses «12 jours de paie» pendant son voyage en Australie.

«Quand on regarde aussi le menu des lunchs, peut-être qu'on aurait pu avoir des choix un peu plus frugaux et ça aurait coûté moins cher aux contribuables», a-t-il indiqué.

Le député bloquiste Jean-François Fortin souhaite que le vérificateur général puisse aller au fond des choses. «On va avoir le fin fond de l'histoire uniquement si le vérificateur général a les mains libres pour obtenir tous les documents et qu'il a tous les moyens d'action pour intervenir et faire la lumière», a dit M. Fortin.

 
 


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