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Délégation du Québec à Paris

Un party à 200 000 $

Agence QMI 
Andrew McIntosh et Kinia Adamczyk
26/03/2012 08h53 
 
 
Délégation du Québec à Paris - Un party à 200 000 $
Michel Robitaille, délégué général du Québec à Paris, Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales et Christine St-Pierre, ministre de la Culture. 
© Archives / Agence QMI

QUÉBEC – Les fonctionnaires du gouvernement du Québec ont dépensé plus de 200 000$ l'an dernier pour organiser une grande fête à Paris afin de célébrer le 50e anniversaire de la présence de la Délégation générale du Québec dans la Ville lumière.

Pendant que des Québécois malades sont forcés de prendre leur mal en patience dans les corridors des hôpitaux engorgés et que des étudiants universitaires luttent contre la hausse des droits de scolarité causée par les déficits budgétaires, les fonctionnaires québécois et les ministres font la fête.


Ils ont apprécié un spectacle de quatre heures en plein air à la Bastille, le 21 juin 2011, mettant en vedette des artistes du Québec payés par les contribuables québécois.

La ministre sort en grand

La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a dépensé à elle seule 11915 $ en cinq jours à Paris, dont 5241 $ uniquement pour le « transport terrestre », qui comprenait une voiture avec chauffeur, selon des documents obtenus en vertu de la Loi québécoise sur l'accès à l'information.

L'attachée de presse de la ministre, Valérie Rodrigue, a défendu cette dépense.

«C'est très normé […] Paris est très grand», a expliqué Mme Rodrigue. «Il n'y a pas d'exagération. C'est parce qu'il y a beaucoup de déplacements et ça coûterait plus cher en taxi. Il y avait […] beaucoup de rencontres. C'était justifié d'avoir une voiture avec un chauffeur. C'est une ministre.»

Pendant son voyage, Mme St-Pierre s'est rendue à la Comédie française, au Grand Palais et à la Gaîté lyrique. Elle a participé à quatre cocktails dînatoires et à des réceptions, et a eu des entretiens avec quelques ministres, des dignitaires et des politiciens.

Elle n'a dépensé que 125 $ en nourriture et s'est également rendue à Bruxelles en train pour une journée.

La ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, a également assisté à la fête à Paris. Dans une vidéo du concert en plein air, on la voit tout sourire en compagnie de la ministre St-Pierre et du délégué général du Québec, Michel Robitaille.

Des oublis

La porte-parole de la ministre Gagnon-Tremblay, Solène Lemay, a déclaré que la ministre s'était rendue à Paris dans le cadre d'une mission à l'étranger et non pas seulement pour assister à un spectacle. «Elle a rencontré plusieurs homologues.»

Cependant, les fonctionnaires ont dans un premier temps initialement omis d'indiquer les coûts encourus par les deux ministres dans les documents demandés par l'Agence QMI, qui comprenaient tous les frais engagés par les dignitaires.

L'Agence QMI n'a toujours aucun document retraçant les frais de Mme Gagnon-Tremblay pour ce voyage.

Mme St-Pierre était également accompagnée de son chef de cabinet Philippe Cannon durant ce voyage. M. Cannon a dépensé 3841 $ de l'argent des contribuables, montrent les documents.

Mme St-Pierre a dépensé 4760 $ pour son billet d'avion à Paris, tandis que M. Cannon a voyagé en classe économique, ne dépensant que 1825 $, et n'a réclamé aucun autre frais de transport.

Le premier ministre Jean Charest a approuvé le 27 mai le voyage de Mme St-Pierre, quelques semaines avant son départ, indique une note de service.

L'argent pour l'organisation du spectacle de 200 000 $ intitulé Le Québec prend la Bastille provenait de différents ministères et organismes:

- La SODEC, Société de développement des entreprises culturelles, a dépensé la somme de 34100 $ pour couvrir les cachets des artistes et 25000 $ pour couvrir d'autres coûts.

- Tourisme Québec a versé un «investissement» de 20000 $ à la Délégation générale du Québec à Paris, a confirmé le porte-parole du ministère Guy Simard, lui permettant d'accrocher une affiche de 6 m x 8 m pendant deux jours à la Bastille, vantant le Québec comme une destination pour les Parisiens.

- Le ministère des Relations internationales a dépensé plus de 11000 $ pour la production du spectacle, le transport, la publicité, la restauration et l'hébergement.

- Les entreprises du secteur privé proches du gouvernement libéral, comme la Banque Nationale et Boralex, ont commandité une partie de l'événement, mais les documents décrivant ces contributions n'ont pas été divulgués.

Contactez le Chef des enquêtes journalistiques de l'Agence QMI Andrew McIntosh à andrew.mcintosh@agenceqmi.ca ou au 514-290-0922.

Des dizaines de milliers de personnes ? Non

Plusieurs mois avant le spectacle «Le Québec prend la Bastille», le Délégué général du Québec à Paris, Michel Robitaille, a vanté l'événement comme étant un spectacle majeur devant être présenté devant «plusieurs dizaines de milliers de personnes», indiquent des documents.

M. Robitaille a été nommé par le gouvernement libéral du premier ministre Jean Charest à la fin 2010 et il s'est immédiatement mis au travail pour organiser le 50e anniversaire de la Délégation.

Une version révisée d'une durée de 17 minutes du spectacle a été diffusée sur le canal YouTube de la Délégation. Il ne montre à aucun moment des dizaines de milliers de personnes pendant la tenue de l'événement.

La vidéo en ligne a été vue 490 fois. Pour visionner la vidéo du spectacle «Le Québec prend la Bastille à Paris» sur YouTube:

Pas de balises pour leurs dépenses

Il n'existe pas de lignes directrices régissant les frais de voyage par les ministres du Québec, selon Joanne Lapointe, porte-parole pour le ministère du Conseil exécutif.

Ces dépenses sont à la discrétion de chaque ministère et de son ministre, mais sont contrôlées ultimement par le premier ministre, a fait savoir Mme Lapointe.

Il n'y a pas de grandes lignes directrices encadrant les dépenses et les déplacements «qui diraient, par exemple, vous avez un maximum de tant ou vous avez droit à ça, ou vous ne pouvez jamais voyager autrement qu'en telle classe ou etc. Ça peut être du cas par cas, probablement selon la longueur des voyages,», a-t-elle expliqué.



 
 


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