L’histoire de Benoît Ouellette, de l’Assomption, dans la région de Lanaudière, en est certainement un bon exemple.
Ce dernier a été coincé dans la rafle de la Sûreté du Québec qui a découlé de la vaste enquête sur des compagnies-écrans liées au crime organisé – Constructions Exékut et Construction Aladin – qui auraient émis pour 60 millions $ de fausses factures à plusieurs compagnies de cette industrie.
Notre reportage publié mardi révélait l’ampleur et le fonctionnement du stratagème conçu pour flouer les gouvernements des sommes qui leur sont dues, ainsi que les efforts déployés par les autorités pour le mettre à jour.
M. Ouellette, propriétaire de B.O. Joints, une entreprise spécialisée dans l’installation de cloisons sèches, a ainsi été accusé et reconnu coupable de fraudes, d’émission de faux documents et de production de fausses factures pour plus de 39 000 $.
La compagnie B.O. Joints a également été accusée et a plaidé coupable à des chefs d’accusation de fraude. L’entreprise a été tenue de rembourser à Revenu Canada et à Revenu Québec un montant total de 7500 $.
Une tape sur les doigts
Un juge de la Cour du Québec a condamné M. Ouellette à une peine de six mois, qui a plus tard été suspendue. Cela peut bien sûr donner l’impression que sa punition n’était rien de plus qu’une tape sur les doigts. Pourtant, ce n’était que le début des ennuis pour l’entrepreneur.
Son mariage a d’abord sombré. Puis, il a perdu sa licence d’entrepreneur en construction. Il a aussi perdu ses 25 ans de bonne réputation dans le domaine de la construction.
Ce dernier a également fait une faillite personnelle qui ajoutée à son casier judiciaire, signifie qu’il ne peut obtenir une autre licence d’entrepreneur de construction du Québec avant mars 2014.
Maintenant en mode survie
« C’est une affaire qui m’a coûté très cher », a expliqué Benoît Ouellette à l’Agence QMI lors d’un entretien téléphonique.
« Je repars à zéro dans la vie. Moins qu’à zéro. Je me débats pareil, je travaille encore, je survis », a ajouté M. Ouellette, qui œuvre aujourd’hui comme gérant de chantier.
Il a refusé de dire comment et pourquoi il s’était embarqué dans une activité criminelle : « C’est une mauvaise expérience, puis on n’est pas obligé d’en parler plus que ça. »
« J’ai fait plein de niaiseries dans ma vie. Je suis une autre personne aujourd’hui. C’est sûr que j’en souffre, mais, regardez, c’est une étape qui est tournée. Je passe à autre chose. »