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Terrebonne

Un col blanc fait une bonne affaire

Agence QMI 
Andrew McIntosh
24/03/2011 04h00 
 
 
Terrebonne - Un col blanc fait une bonne affaire
Le fonctionnaire Luc Papillon affirme qu’il n’était pas au courant que le terrain sur lequel il a construit sa maison devait être converti en parc. 
© Dave Parent/Agence QMI

En 2008, la Ville de Terrebonne a vendu à un promoteur local un terrain qui devait initialement être aménagé en parc. Celui-ci l’a rapidement revendu à un cadre de la municipalité sans appel d’offres et presque sans profits, a constaté l’Agence QMI.

Les voisins, les acheteurs potentiels de la propriété et les gens qui auraient pu s'opposer au développement de ce lot ont été tenus dans l'ignorance, jusqu'à ce qu'une équipe de construction s’amène. Le commencement des travaux a semé la colère dans le quartier.

La porte-parole de la Ville de Terrebonne, Isabelle Lewis, et le directeur général adjoint, Luc Papillon, qui est l'acheteur du terrain situé sur le croissant du Cheneau, ont indiqué que les deux transactions avaient été faites selon «la valeur du marché» et qu’elles étaient parfaitement légales.

M. Papillon a versé un total de 34 000 $ en 2008 et 2009 pour deux parcelles du terrain initialement destiné à devenir un parc. L'évaluation municipale des propriétés de Terrebonne indique pourtant que celle de M. Papillon vaut maintenant 129 000 $.

En omettant d'annoncer publiquement que ce terrain était à vendre, Terrebonne a vraisemblablement perdu des milliers de dollars. Il y avait d'autres acheteurs potentiels et très peu de terrains disponibles en ville.

Mme Lewis a souligné que, de toute façon, la Loi sur les cités et villes permet aux fonctionnaires municipaux d’acheter des terrains de leurs employeurs. M. Papillon aurait donc même pu acheter le terrain directement de la municipalité. Cependant, la loi exige que de telles transactions soient effectuées « à des conditions non préférentielles ».

Projet de piste cyclable

Mme Lewis a expliqué que la Ville avait songé à transformer le terrain en un parc doté d’une piste cyclable, mais ajouté que les fonctionnaires municipaux ont toutefois abandonné ce projet en raison de la présence d’un ravin.

M. Papillon dit qu'il ne savait pas qu’il avait acheté un terrain où un parc devait être aménagé, et qu’il ne l’a découvert que lorsque les résidants du croissant du Cheneau se sont plaints auprès de la mairie quand ils ont vu qu’on creusait sur le terrain censé devenir un parc.

Mme Lewis a déclaré que le prix offert à M. Dubord était bas parce que la propriété n'était pas desservie par les réseaux d’aqueduc et d'égouts. Elle a ajouté que la Ville avait en main une évaluation de la propriété par la firme Leroux, Beaudry, Picard et Associés. Celle-ci a estimé la valeur du terrain à 77 000 $ en 2007 et cette somme a ensuite été réduite de 35 000 $ pour couvrir les coûts prévus pour les connexions à ces réseaux et pour effectuer un bon drainage. Valeur marchande finale de ce qui était un terrain de 1400 mètres carrés (15 000 pieds carrés) : 40 000 $.

Des commérages...

Le président de la firme d’évaluation, Jean Leroux, est un résidant de Terrebonne et un ami de M. Papillon. Interrogé sur son amitié avec M. Leroux, M. Papillon a déclaré : « Mes relations personnelles relèvent de ma vie privée. Je ne répondrai à aucun de ces commérages. »

M. Dubord a vendu le terrain vacant à M. Papillon alors que son entreprise cherchait l'approbation du conseil municipal pour construire de nouveaux projets résidentiels.

M. Papillon dit qu'il n'y a ni copinage ni conflit d’intérêts dans cette affaire. Son travail est surtout administratif et concerne des budgets, des stratégies financières et des projets de construction urbaine. Il n’a pas de rôle à jouer dans l'approbation ou la négociation avec des développeurs comme M. Dubord, a-t-il précisé.

L’entreprise Excavation Mascouche a participé aux travaux. Or, il s’agit de l’entreprise de Normand Trudel, homme d'affaires politiquement bien branché et ami du maire Jean-Marc Robitaille.

Nous avons tenté de joindre M. Dubord, mais sans succès.

Un résidant outré

Lorsqu’un résidant de Terrebonne a appris qu'un lot vacant à proximité de son domicile du croissant du Cheneau avait été discrètement vendu par la Ville et que le nouveau propriétaire était un cadre de cette même Ville, il a été pris de colère.

Ce résidant, qui ne souhaite pas être identifié, était surpris parce que, comme plusieurs de ses voisins qui ont acheté des terrains sur la rue en 2002-2003, il pensait que le terrain en question devait devenir un parc.

Selon lui, aucun écriteau n'avait été placé sur le terrain pour indiquer qu'il était à vendre, et ce, au moment où sa famille cherchait justement à acheter des terrains, plutôt rares à Terrebonne.

Sa conjointe et lui ont acheté leur terrain sur le croissant du Cheneau en 2003. Ils ont payé plus de 51 000 $ pour un lot plus petit que celui de Luc Papillon.

« Disons que j'aurais acheté cinq terrains, à ce prix-là, a-t-il déclaré. Avoir des passe-passe comme ça, c'est très frustrant. Il n’y a pas de terrains à acheter à Terrebonne, présentement. Moi-même, qui suis un acheteur, cela aurait pu représenter une belle occasion pour moi. Mais quand on ne sait pas qu'il est à vendre, on ne peut pas l'acheter, hein? »

Ce que l’Agence QMI a découvert

- Le promoteur immobilier Réal Dubord a payé à la Ville la somme de 26 500 $ pour le terrain vacant qui était destiné à devenir un parc dans le chic quartier du Boisé. L’entente a été signée en 2007 et l’affaire a été conclue le 13 mars 2008.

- Pendant cette période, Luc Papillon a approché M. Dubord et d'autres promoteurs lors d’une « activité publique de la Ville », en disant qu’il était à la recherche d’une maison ou d’un terrain vacant à Terrebonne. « Je ne cache pas le fait que je le connais, mais ce n’est pas un ami », a dit M. Papillon au sujet de Réal Dubord.

- M. Dubord a revendu le terrain à M. Papillon et à sa femme Suzanne Éthier, une agente immobilière, pour la somme de 32 000 $.

- M. Papillon a ensuite acheté une autre bande de terre directement de la Ville en 2009, pour la somme de 2100 $.

 
 


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