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Criminalité - Stupéfiants

Une semaine de pénurie

Dany Doucet
Le Journal de Montréal
11/05/2009 10h13 - Mise à jour 14/05/2009 11h42

Criminalité - Stupéfiants - Une semaine de pénurie
Le coup dur porté aux Hells Angels a entraîné une certaine rareté des stupéfiants (en particulier la cocaïne) à Montréal pendant une semaine seulement. 
© Photo d'archives

(NDLR) Le trafic des stupéfiants est toujours une des principales sources de criminalité, à Montréal comme ailleurs. Le Journal de Montréal a fait un tour d'horizon de la situation et présente, à compter d'aujourd'hui, une série d'articles consacrés aux nouveaux phénomènes observés dans cemarché noir, ainsi qu'aux nouvelles méthodes utilisées par la police pour les contrer.

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  • Le ménage chez les motards - tout sur l'opération SharQc
  • Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, l'offre de stupéfiants n'a pratiquement pas diminué dans la rue depuis l'opération SharQc, qui a mené à l'arrestation de 156 proches et membres des Hells Angels, le 15 avril.

    L'organisation criminelle a pourtant été pratiquement décimée lors de cette rafle policière menée aux quatre coins de la province.

    Les motards contrôlaient une bonne partie du trafic de stupéfiants au Québec et à Montréal, en particulier la cocaïne.

    «On peut dire qu'il y a eu une semaine de rareté à Montréal, le temps que le marché noir se réorganise», dit Jacques Robinette, assistant directeur du service des enquêtes spécialisées de la police de Montréal, en entrevue au Journal de Montréal.

    Par contre, dit-il, son équipe a constaté que le prix de la cocaïne sur le marché noir avait subi une hausse depuis l'opération policière.

    Le kilo de cocaïne, qui se vendait entre 35 000 $ et 40 000 $ le kilo, est passé à entre 47 000 $ et 52 000 $, selon le SPVM.

    C'est toujours autour de 20 $ le quart de gramme sur le marché, sauf que cette mesure est peut-être de moins en moins exacte, d'autant plus qu'il y a bien peu de consommateurs équipés pour le peser.

    Presque de la spéculation

    La fausse rareté justifiée pour augmenter les prix, c'est un peu comme pour le pétrole, illustre-t-on.

    En effet, le prix de la cocaïne a augmenté non pas parce qu'il y avait une pénurie réelle sur le marché, mais plutôt parce qu'on laissait croire qu'il y aurait une baisse de l'offre. Ce qui ne s'est pas avéré, selon M. Robinette, sauf pendant une semaine.

    De plus, il ne faut vraiment pas beaucoup de temps, selon lui, pour que d'autres organisations criminelles occupent l'espace laissé vacant par les Hells Angels.

    «Si ce ne sont pas les motards, dit-il, ce sont les organisations asiatiques, arabes, russes ou la mafia qui prennent la place. Avant, chacun avait son marché, mais, maintenant, toutes les organisations sont presque de tous les crimes, partout où il y a de l'argent à faire.

    «Souvenons-nous que la mafia se vantait de ne pas toucher à la drogue il y a plusieurs années... Mais l'argent a eu raison d'elle aussi.»

    La consommation reste en hausse

    Chose certaine, avant l'opération SharQc, la consommation de stupéfiants ne semblait pas être en baisse à Montréal, si l'on se fie aux statistiques de saisies policières que vient de finir de compiler le SPVM.

    Selon les dernières données, toutes les sortes de drogues sont en hausse, en particulier l'ecstasy, dont la quantité saisie a quadruplé ( voir tableau).

    Les stupéfiants les moins saisis sont ceux qui ne sont plus à la mode, comme le hashich, qui s'est fait remplacer par une marijuana de plus en plus forte en THC.

    Il y a longtemps que les policiers n'ont pas saisi de mescaline, de LSD ou de caps d'acide, qui étaient autrefois populaires au point d'inspirer certaines chansons qui, elles, jouent toujours à la radio aujourd'hui.








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