La crise alimentaire

Hausse vertigineuse du prix des denrées - La crise alimentaire

Un jeune Nigérian avec une assiette désespérément vide... © AP

Dernière mise à jour: 10-07-2008 | 17h17

Les prix des denrées ne cessent d’augmenter depuis l’année dernière. Ils atteignent désormais un niveau critique, laissant entrevoir des risques de famine dans les régions les plus pauvres du monde. Comment expliquer que la planète se soit laissé surprendre? Les réponses du bimensuel indien Frontline.

«Pour comprendre la flambée actuelle des prix des matières premières, il est nécessaire d’examiner les forces structurelles à l’œuvre», rappelle le bimensuel indien Frontline qui consacre sa une à la crise alimentaire. Contrairement à l’idée reçue, «la demande croissante n’explique pas à elle seule les cours grimpants des denrées. La hausse des revenus en Asie et ailleurs dans d’autres régions en voie de développement a certes eu un effet indéniable. Mais plus largement, quatre facteurs ont transformé de manière décisive le marché mondial.»

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Le premier d’entre eux, explique Frontline, est évidement «les cours élevés du pétrole qui entraînent à la hausse les coûts de production du secteur agricole. La machinerie agricole est une grande consommatrice d’essence, tout comme le transport pour amener les produits au consommateur. La réduction à travers le monde des subventions à l’agriculture rend les paysans plus sensibles à la hausse des prix de l’énergie. Ils sont obligés de répercuter cette hausse au moment de la vente de leur récolte.»

Ensuite, «il y a l’effet combiné des cours du brut et des politiques américaines, européennes et brésiliennes encourageant la production et l’adoption des biocarburants pour remplacer les carburants fossiles», poursuit Frontline. «L’utilisation du maïs pour fabriquer de l’éthanol aux États-Unis, du sucre de canne au Brésil et de l’huile végétale au sein l’Union européenne pour produire du biocarburant réduit la part des terres cultivées pour nourrir la planète.»

«Troisièmement, la négligence portée à la politique agricole pendant les 20 dernières années se fait sentir. La crise agraire qui sévit dans plusieurs régions du monde, l’abandon de l’agriculture de subsistance pour des produits agricoles vendus à l’exportation (comme le coton, le café, la canne à sucre, les oranges), l’utilisation abusive des eaux souterraines et le manque d’attention portée à la régénérescence des sols, le manque de recherche, les effets combinés de la pollution et du réchauffement climatique avec notamment la perte de terres arables gagnées par le désert, tous ces effets ont été ignorés par les responsables politiques dans la plupart des pays de la planète. Ils peuvent être enrayés, mais cela requière du temps et des investissements publics substantiels.»

Les transformations structurelles du marché, encourageant la spéculation, constitue le dernier facteur en jeu. Un préjugé courant veut que les paysans profitent des hausses dans l’alimentation. Mais c’est loin d’être le cas, surtout depuis que l’industrie agroalimentaire est concentrée dans les mains d’un petit nombre de multinationales. Celles-ci contrôlent tout, de la culture à la distribution, de la vente des semences à l’achat des récoltes. Ce qui signifie que les marges de profit les plus conséquentes viennent plutôt du marketing, et que les paysans n’en profitent pas. Cette concentration facilite également la spéculation grâce à un stockage centralisé.»

Une prédiction s’avère difficile à faire dans ce contexte mouvant, mais Frontline s’y risque néanmoins et annonce une persistance des prix élevés, même si l’économie mondiale ralentit….

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