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Langue française

La loi 101, Who cares?

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
17/06/2006 06h35 

Langue française - La loi 101, Who cares ?
 

Près de 30 ans après l'entrée en vigueur de la loi 101, de nombreux commerces du centre-ville ne respectent toujours pas les règles concernant l'affichage en français, révèle une enquête menée par Le Journal de Montréal.

C'est rue Sainte-Catherine Ouest, à partir de la rue Crescent, que les commerçants bafouent le plus souvent la loi 101, qui a été adoptée le 26 août 1977 par le premier gouvernement péquiste de René Lévesque.


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    Que pensez-vous de la situation de l'affichage commercial au centre-ville?
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  • «On a un bon travail d'information à faire au centre-ville», reconnaît Gérald Paquette, de l'Office québécois de la langue française.

    «L'affichage se détériore», déplore-t-il.

    Seulement de l'anglais

    Un magasin appelé ironiquement French Connection, situé rue Sainte-Catherine au coin de la rue Stanley, en pleine zone touristique, contrevient même à la loi trois fois plutôt qu'une.

    Dans la vitrine, aucune trace de français, mais plutôt trois grosses affiches sur lesquelles on peut lire On sale, comme on pourrait le voir à Toronto.

    Raison invoquée par la vendeuse: les affiches sont justement fabriquées dans la Ville reine et on ne parle pas français là-bas.

    De nombreuses enseignes «maison» collées dans les vitrines des restaurants, dépanneurs et magasins sont aussi uniquement rédigées en anglais.

    «Ça ne me surprend pas, ce n'est pas légal, mais ça se fait couramment», déplore Mario Beaulieu, du Mouvement Montréal français.

    Affichage temporaire

    «Ce n'est pas parce que ces affiches sont temporaires qu'elles peuvent déroger à la loi 101, dit Gérald Paquette. Plusieurs l'ignorent, et ça témoigne d'un relâchement de la loi 101», indique-t-il.

    Il en va de même pour quelques affiches à l'intérieur des commerces, comme celles autour des caisses, des toilettes et les ardoises invitant les clients à regarder des parties de soccer, par exemple.

    Selon Jean Dorion, de la Société Saint-Jean-Baptiste, l'application de la loi 101 au centre-ville n'est pas assez rigoureuse.

    «Plus on va accepter ces affiches, plus il va y en avoir. Le relâchement des commerçants est un phénomène cyclique», dit-il.

    Ce qu'ils ont dit...

    «Ça représente bien la réalité de l'anglicisation du centre-ville, ça affaiblit le visage français de Montréal.»
    Mario Beaulieu, Mouvement Montréal français.

    «Depuis le début des années quatre-vingt, il y a eu une diminution de 40% des ressources humaines dans les organismes d'application de la loi 101, comme l'Office québécois de la langue française, où le nombre d'employés est passé de 400 à 235.»
    Gérald Paquette, Office québécois de la langue française.

    «L'anglais domine le centre-ville à tous les égards.»
    Jean Dorion, Société Saint-Jean-Baptiste

    «Ça nuit au visage français de Montréal. Ça nous oblige à lutter constamment pour s'assurer que le français est la langue commune. Le Québec n'est pas un État bilingue, mais unilingue français.»
    Léandre Dion, porte-parole de l'opposition en matière de langue.

    Ce que dit la loi

  • La publicité commerciale doit se faire en français.
  • Elle peut également être faite à la fois en français et dans une autre langue si le français est nettement prédominant, c'est-à-dire que son impact visuel est beaucoup plus important.
  • Les caractères du texte français doivent être deux fois plus gros que ceux de l'anglais, et le français devrait toujours se trouver au-dessus de l'anglais sur une affiche.
  • Si un commerce décide de mettre une affiche uniquement en anglais, il doit y avoir deux fois plus d'affiches du même type en français, ou les affiches en français doivent être deux fois plus grandes.
  • La loi 101 a été adoptée le 26 août 1977 par le premier gouvernement péquiste de René Lévesque.








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