Il s’agit du pire score du Parti libéral depuis octobre 2002, alors que Jean Charest n’avait pas encore réussi à avoir l’air d’un premier ministre aux yeux des Québécois.
«Le Parti libéral détient probablement un taux d’insatisfaction record pour un gouvernement élu depuis un an», a indiqué hier le président de Léger Marketing.
«C’est un avertissement pour le gouvernement en place. Il a une obligation de résultat pour les prochains mois», ajoute Jean-Marc Léger.
Si ça peut consoler Jean Charest, le mois d’avril est un des pires moments pour demander aux gens ce qu’ils pensent des gouvernements, explique M. Léger. Parce que c’est la saison des impôts.
Cette année, c’est encore pire à cause du scandale des commandites à Ottawa. Les gens sont fâchés contre tous les gouvernements, croit Jean-Marc Léger.
En tout cas, les gens sont certainement de mauvaise humeur envers Jean Charest et son équipe ; 59 % des répondants jugent que la population a «fait le mauvais choix» en votant libéral à l’élection d’avril 2003. Les francophones sont plus insatisfaits (65 %) que ceux qui parlent une autre langue (32 %).
Selon le sondage, les Québécois ne pardonnent tout simplement pas à Jean Charest d’avoir renié ses deux promesses les plus importantes de la campagne électorale: investir massivement en santé et baisser les impôts.
Une forte majorité de 72 % des électeurs ont répondu que la maigre baisse d’impôts -- reportée à 2005 -- annoncée dans le budget Séguin, le mois dernier, ne répond pas à leurs attentes.
Une majorité presque aussi forte de 68 % des répondants se montrent insatisfaits des réalisations du gouvernement Charest en santé.
Fait à noter, l’insatisfaction gagne même les électeurs libéraux : 56 % d’entre eux affirment que les baisses d’impôts ne répondent pas à leurs attentes et 43 % se disent déçus du bilan du gouvernement en santé. 23 % des supporteurs libéraux déclarent même que la population a fait le mauvais choix en élisant Jean Charest.
En fait, un des rares engagements électoraux que Jean Charest a tenus jusqu’à maintenant, celui de permettre les défusions municipales, contribue à l’insatisfaction des électeurs: six Québécois sur 10 (61 %) disent être contre les défusions, dont 63 % des francophones et 48 % des non-francophones.