Mais où donc sont passées les bonnes manières au Québec?

Mélanie Brisson - Journal de Montréal

Les bonnes manières sont en voie de disparition au Québec. Il suffit d’emprunter le transport en commun pour en avoir la preuve.

Jean-Pierre Tremblay, chauffeur d’autobus à Montréal depuis 26 ans, le constate sur une base quotidienne. Il travaille sur les lignes 69 (Gouin) et 193 (Jarry).

Le Journal l’a accompagné, un mardi matin, pour étudier le comportement des passagers lors des heures de pointe. La représentante du Journal a alors été témoin d’une multitude d’incivilités.

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Ni bonjour, ni merci

D’abord, les gens qui montent dans l’autobus ne saluent pas le chauffeur, une règle de politesse pourtant élémentaire.

«C’est rare que j’ai un merci ou un bonjour. Les gens ne me regardent même pas. Même quand je fais un détour pour aller chercher une personne, je n’ai pas un merci, pas un sourire», lance M. Tremblay.

Idem pour les retardataires à la course qu’il prend gentiment la peine d’attendre.

Le Journal a tout de même vu quelques rares personnes – dont des adolescents – saluer et remercier M. Tremblay, qui s’est empressé de leur rendre la pareille.

Les vieux debout

Quant à la règle qui veut qu’une personne cède sa place assise à un aîné ou à une femme enceinte, ou encore à une mère avec son jeune enfant dans les bras, elle est aussi souvent reléguée aux oubliettes.

Le Journal l’a constaté à de multiples reprises. Comme cette fois où un vieillard est resté debout pendant que des cégépiennes confortablement assises l’observaient, sans daigner lui céder leur place.

Ou comme cette autre fois où un jeune laissait son sac sur le dernier siège disponible pour empêcher l’une des nombreuses personnes debout de s’asseoir à ses côtés.

«J’ai souvent vu ça. Les gens ne laissent pas leur place. Quand quelqu’un arrive dans l’autobus, ils regardent ailleurs. Je trouve ça bien dommage», lance un habitué de la ligne 193, Maurice Petula.

Par contre, le Journal a aussi vu une jeune femme se lever pour laisser la place à deux vieilles dames qui n’ont même pas pris la peine de lui adresser un sourire, ni un merci, et encore moins un regard.

Pas de classe

Le Journal a remarqué d’autres entorses à l’étiquette, comme des jeunes qui gardent leur sac à dos sur les épaules alors qu’ils sont debout, parmi la foule, accrochant sans cesse leur voisin sans s’excuser.

Il y a aussi ceux qui jettent leur gomme, leur gobelet de café ou l’emballage de leurs aliments par terre, comme si le mot poubelle figurait sur le plancher de l’autobus.

Et ceux qui jouent du coude au moment d’entrer ou de sortir…


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