Ce qui a fait dire au chef de l’opposition, Pierre Bourque, que l’administration de Gérald Tremblay est « trop dépensière ».
Mais le maire réplique que les administrations précédentes ont mal géré la Ville en gelant les taxes et en ignorant les travaux urgents comme dans le cas du réseau d’aqueduc.
Les impacts
Les impacts du nouveau rôle d’évaluation, de l’harmonisation des taux de taxes foncières dans l’île et du manque à gagner de 35 M$ devant provenir du contrat de ville avec Québec feront en sorte que les contribuables de l’ancien Montréal verront leur taux de taxe foncière passer de 1,95 $ à 1,80 $ les 100 $ d’évaluation dans la catégorie des six logements et moins.
Ce taux sera de 1,99 $ pour les immeubles résidentiels de six logements et plus, de 4,05 $ pour le secteur non résidentiel et de 3,60 pour les terrains vagues, toujours sur le territoire de l’ancien Montréal.
Pour atténuer ces impacts, l’administration a décidé d’étaler le rôle sur trois ans.
Les taux continueront d’être ajustés dans les anciennes villes de banlieue afin de répartir plus équitablement la richesse foncière.
Baie-d’Urfé : le plus bas
Montréal-Est : le plus haut
Le taux le plus bas sera celui de Baie-d’Urfé à 1 $, tandis que le plus haut sera de 1,84 $ à Montréal-Est. Les propriétaires de l’Île-Dorval se retrouvent dans une catégorie particulière avec une taxe foncière de 3,32 $.
Dans ses commentaires sur le budget, Gérald Tremblay a reconnu que les Montréalais sont trop taxés, qu'« ils font déjà plus que leur part et sont malheureusement appelés à en faire davantage ».
Il redemande d’ailleurs une aide de Québec pour le transport en commun et l’adoption de nouvelles sources de revenus pour Montréal.
Le président du comité exécutif, Frank Zampino, ne cache pas que ce budget a été très difficile à préparer et que les décisions de son administration se situent bien au-dessus du débat politique.
En fait, Tremblay et Zampino se seraient bien passés de ces hausses de taxes au cœur de leur bataille contre les défusionnistes.
Oui à la diversification des revenus
Le ministre des Affaires municipales promet de livrer aux villes en 2004 une nouvelle politique sur la diversification des sources de revenus.
De passage au Journal de Montréal, hier soir, le ministre des Affaires municipales a cité son ministre des Finances qui a affirmé à l’Assemblée nationale son intention de respecter le contrat de ville et de livrer encore 35 M$ à la métropole.
Il a cependant rappelé que le contrat de ville stipule que Québec n’a pas l’obligation de respecter cette entente s’il n’a pas les crédits pour le faire !
« Québec ne se mettra pas en situation de déficit pour aider Montréal », a dit M. Fournier.
Il n’a pas voulu commenter le budget de la Ville de Montréal, mais il assure que Montréal et les villes du Québec pourront compter sur de nouvelles sources de revenus dès l’an prochain.
Aucun problème
Il dit n’avoir aucun problème avec le fait que le maire Gérald Tremblay impute de plus en plus la responsabilité à Québec des décisions qu’il prend.
« Qu’il les explique à la population, qu’il les justifie ; nous prenons les nôtres et nous les justifierons auprès de la population », a-t-il commenté.
Le ministre n’a pas voulu préciser si le gouvernement avait l’intention de solutionner définitivement les problèmes de financement de Montréal.
« Montréal n’est pas seul. Nous devons penser à toutes les villes du Québec. La population pourra juger au budget de Québec du mois d’avril 2004 de la diversification des sources de revenus que nous allons adopter pour aider les villes », a conclu M. Fournier.