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L'échangisme explose à Montréal

Alexandre Robillard - Journal de Montréal
08/09/2003 09h17 - Mise à jour 10/09/2003 09h16

 
LCN

Les descentes dans les clubs échangistes ont eu pour effet de faire connaître cette pratique, qui attire de nouveaux adeptes.

«Chaque descente a été bénéfique», n’hésite pas à affirmer Jean Hamel, président de l’Association des échangistes du Québec et organisateur des croisières échangistes Montreal Sexy Boat.

La descente au Club L’Orage, en 1998, a selon lui été un élément déclencheur. La majorité des clubs recensés par M. Hamel dans son livre L’Échangisme: un phénomène de société ont d’ailleurs été ouverts après la descente à L’Orage.

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Récent jugement

Le jugement de la Cour municipale de Montréal (voir autre texte) affirmant que l’échangisme n’est pas illégal est aussi très utilisé dans les clubs pour faire de la promotion. «Je salue le courage du juge Denis Boisvert, qui l’a écrit», dit Jean Hamel au micro, à sa clientèle du Montréal Sexy Boat.

Selon lui, sa clientèle a doublé depuis le jugement car les gens se sentent plus libres de tenter l’expérience.

Lors d’une soirée en juillet dernier au club Les Libertins, à Montréal, environ un tiers des couples étaient de nouveaux membres.

Le propriétaire du club L’Orage, Bernard Corbeil, constate la même proportion de nouveaux membres parmi sa clientèle. Son club, qui était jusqu’à l’année dernière ouvert deux soirs par semaine, l’est maintenant sept jours sur sept.

Chesnel se décrit comme un échangiste occasionnel

En juillet dernier, Denis Chesnel a défrayé les manchettes quand il a été reconnu coupable d’avoir tenu une maison de débauche.

Les faits reprochés avaient été constatés en 1999 par les policiers lors de soirées échangistes organisées par la fille de M. Chesnel, Brigitte. Les rencontres avaient lieu dans deux immeubles, dont celui où se trouve actuellement l’Auberge 1082.

«Le procès m’a coûté 100 000 $, dit fièrement l’homme d’affaires. Mais il a permis d’établir une jurisprudence pour le mouvement échangiste.»

M. Chesnel fait référence à un passage du jugement rendu par la Cour municipale de Montréal à son sujet cet été, où il est écrit que «l’échangisme n’est pas illégal». Une affirmation accueillie comme un signe de reconnaissance par les adeptes.

Des prisons à l’échangisme

Après avoir été gardien de prison, Denis Chesnel est devenu exterminateur, pour acheter ensuite deux clubs de danseuses nues. En 1996, il a découvert l’échangisme par le biais des petites annonces.

«Deux mois après être allé dans un club échangiste pour la première fois, j’ai commencé à organiser des soirées pour les couples dans mon sous-sol», dit l’homme d’affaires de 51 ans, qui a cependant attendu trois ans avant de pratiquer lui-même l’échangisme.

«Je suis un échangiste occasionnel», explique-t-il.

Avocats consultés

Avant de s’impliquer dans le projet de l’Auberge 1082, M. Chesnel a consulté ses avocats. «L’échangisme est légal en privé», soutient-il, assurant que dans son établissement, les ébats se déroulent dans des chambres aux portes fermées.

Cette conclusion ne semble pourtant pas aussi claire pour tout le monde. «Comment prétendre qu’un endroit est privé quand on l’annonce dans les journaux ou sur Internet», se demande Me Normand Labelle, procureur de la Couronne dans le dossier Chesnel.

Une question qui n’empêche pas Denis Chesnel d’envisager l’ouverture d’un deuxième club échangiste à Brossard.

Mégacomplexe de rencontres

Fort d’un jugement qui autorise l’échangisme en privé, un homme d’affaires vient d’investir un million de dollars dans un mégacomplexe de rencontres à Montréal.

«Ça va être écœurant!», s’extasie Denis Chesnel, propriétaire de l’immeuble du boulevard Rosemont qui abrite l’Auberge 1082.

L’homme d’affaires affirme avoir récemment investi près de un million de dollars dans le club échangiste, dont sa fille Valérie est la propriétaire.

Au moment de la visite, les ouvriers travaillaient encore à l’aménagement des 17 000 pieds carrés de l’établissement. L’inauguration aura lieu à la fin du mois, même si l’endroit accueille déjà des clients.

Visite guidée

Au rez-de-chaussée, un bar est aménagé dans un décor californien. La clientèle pourra danser et profiter d’une boutique de lingerie érotique.

Au sous-sol, des blocs de styromousse et du stuc ont permis de créer un décor médiéval. Les échangistes pourront se prélasser dans un immense spa de 288 pieds carrés ainsi que dans un sauna, un bain de vapeur, un salon de bronzage et de massage.

«Des massages straight», garantit l’homme d’affaires.

Car les relations sexuelles ne sont autorisées que dans les 22 chambres situées au deuxième étage de l’établissement, louées 40 $ pour deux heures.

Ces frais s’ajoutent aux droits d’entrée. Pour un homme seul, le tarif sera de 35 à 50 $, selon les soirs. Les couples paieront de 25 $ à 30 $, alors que les femmes seules seront admises gratuitement.

L’Auberge sera ouverte 24 heures par jour, sept jours par semaine. Les permis d’alcool accordés prévoient qu’environ 250 personnes pourront fréquenter l’établissement.

Endroit légal

«Les clubs échangistes sont légaux tant que les relations sexuelles se déroulent derrière une porte close», affirme Denis Chesnel, fort d’un jugement de la Cour municipale rendu en juillet dernier (voir autre texte).

Sur la douzaine d’employés, trois assureront la surveillance de l’endroit.

«Il n’y aura pas de prostitution ni de trafic de drogue», assure l’homme d’affaires, qui mise aussi sur des caméras de surveillance dans les corridors pour garantir la bonne tenue de l’établissement.



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