INCONTOURNABLES

Alcool: Pour boire en santé
Billets Internet Bromont
Défi J’arrête, j’y gagne !
Soumission belairdirect
PUB

Membres Canoe.ca

Nos bulletins

Apprenez les nouvelles dès qu'elles se produisent..

Adresse électronique :

Tous nos bulletins


Confrontés aux longues listes d’attente, beaucoup de couples québécois se tournent vers l’étranger pour adopter

L’adoption au Québec

Canoë  Denis Lalonde - InfiniT.com
02/03/2001 17h36 - Mise à jour 05/03/2001 16h53

Confrontés aux longues listes d’attente, beaucoup de couples québécois se tournent vers l’étranger pour adopter - L’adoption au Québec
 
Société d'adoption Enfants du monde

Beaucoup de couples sont confrontés à des situations parfois tristes et délicates, dont la stérilité. Pour pallier cette situation, nombreux sont ceux qui décident d’adopter un ou des enfants. Plutôt que d’adopter un enfant québécois, beaucoup de futurs parents choisissent l’étranger. Question d’offre et de demande, mais aussi d’attente.

Selon l’Association des centres jeunesse du Québec, environ 240 enfants québécois trouvent un nouveau foyer chaque année, tandis que pour la même période, la province se gonfle de 900 bébés adoptés à l’étranger. La moitié des adoptions internationales au Québec viennent de Chine, soit 450 annuellement. De plus, l’Inde vient d'ouvrir ses portes à l’adoption québécoise cette année, ce qui devrait se traduire par une centaine d’adoptions de plus par année dans la Belle Province.

- Pour adopter un enfant au Québec, le temps d’attente est d’environ six ans, alors qu’adopter un enfant étranger nécessite une attente d’au plus 15 mois;

- Environ 900 enfants étrangers sont adoptés chaque au Québec;

- Environ 240 enfants québécois sont adoptés chaque année;

- Les frais pour adopter un enfant en Chine sont d'environ 18 000$;

- L'Inde a ouvert ses portes à l'adoption québécoise en janvier, ce qui se traduirait par une centaine d'adoptions annuellement. Le nombre d'enfants étrangers adoptés au Québec pourrait donc passer à environ 1000 par année.

Il est impossible d’obtenir des données précises sur l’adoption internationale au Québec car le Secrétariat à l’adoption internationale refuse de dévoiler ses statistiques. Selon les informations qu’a obtenues InfiniT.com, ces données seraient disponibles à la fin du mois de mars sur le site Web du Secrétariat.

Plus rapide à l’étranger
Selon le président de la société d’adoption Enfants du monde, Michel Mignacco, le temps d’attente joue pour beaucoup dans le choix des couples. Pour adopter un enfant au Québec, le temps d’attente est d’environ six ans, alors qu’adopter un enfant étranger nécessite une attente d’au plus 15 mois. «Ce fut mon cas en 1990. Ma femme et moi voulions adopter un enfant et vu le temps d’attente, nous avons décidé de nous tourner vers la Chine. Quelques mois plus tard, nous avions notre enfant.» explique M. Mignacco.

L’adoption locale
Au Québec, il y a deux moyens d’adopter un enfant. L’adoption régulière, quand une mère accouche à l’hôpital et confie son enfant en adoption, et l’adoption dite de banque mixte, quand un enfant est retiré de son milieu biologique sur recommandation de la Direction de la protection de la jeunesse. Dans le cas d’une adoption régulière, il faut attendre 6 ans en moyenne avant de recevoir un bébé. Dans le cas d’une adoption par banque mixte, il faut attendre en moyenne entre six mois et un an et demi.

Pour l’adoption banque mixte, la famille qui souhaite adopter doit jouer au préalable le rôle de famille d’accueil, ou de tuteur, jusqu’à ce que l’enfant soit définitivement retiré de son milieu biologique par les tribunaux. Durant cette période, les parents biologiques ont le droit de visiter leur enfant. Lorsque la décision est rendue, et que le Centre jeunesse confirme que la famille biologique ne pourra répondre aux besoins de l’enfant, ce dernier devient adoptable. Par la suite, la famille d’accueil entame les procédures d’adoption. Il s’agit rarement de nouveaux-nés, certains ont jusqu’à 5 ou 6 ans mais la moyenne d’âge se situe entre 6 mois et 2 ans.

Plus de risques légaux, moins de risques sentimentaux
Pour le chef du service d’adoption au Centre jeunesse de Montréal, Denis Dupuis, divers facteurs jouent dans une telle décision: «Au Québec, il y a un risque que l’enfant ne devienne pas adoptable au plan légal. Ce risque est minime mais il existe, puisque environ 6% à 7% des enfants retournent chez leurs parents biologiques. Certains couples préfèrent ne pas courir le risque de devenir une famille d’accueil sans avoir la garde définitive de l’enfant.»

Michel Mignacco croit par ailleurs que de nombreux couples se tournent vers la Chine parce qu’il est impossible d’y retracer les parents biologiques: «Au Québec, lorsque l’on adopte un bébé, les parents biologiques sont quelque part et peuvent décider d’entreprendre des démarches pour retrouver l’enfant une fois qu’il est devenu adulte. Il y a des craintes chez les couples qui décident d’adopter.» En Chine, les enfants adoptés ont tous été abandonnés. Il y a là-bas une loi sur l’enfant unique, interdisant aux familles d’avoir plus d’un enfant en milieu urbain et deux enfants en milieu rural, si le premier né n’est pas un garçon. Une autre loi interdit d’abandonner les enfants. Les familles qui donnent naissance à un deuxième ou un troisième enfant l’abandonnent donc sans laisser de traces.

Le bassin d’enfants adoptables est donc plus important en Chine, en plus d’offrir plus de facilité au plan légal et… émotif. Mais la note est salée. Dans le deuxième et dernier texte de cette série, nous discuterons des dédales juridiques et administratifs que les adoptants doivent traverser.




Pour en savoir plus ...
•  (2 de 2)Les méandres de l'adoption





[Tous les dossiers]