Tout le tintamarre entourant la commémoration de la mort du jeune Freddy Villanueva me tanne au plus haut point.
Comme toutes les manifestations depuis ce tragique accident où le jeune a perdu la vie il y a de cela un an. Les appels à la fin de la violence et de la brutalité policière m'irritent au plus haut point. La police de Montréal, violente et brutale ? Voulez-vous rire de moi ?
Il n'y a pas plus «communautaire» que la police de Montréal ! Par contre, dire que Montréal-Nord est sous l'emprise de la pauvreté, contrôlée par le crime organisé et les gangs de rue, ça, j'achète. Ce qui étonne pourtant, ce sont les paroles complètement ridicules du chanteur Luck Mervil, qui mentionnait «On devrait se questionner à savoir si la loi est la même pour tout le monde et si la justice est la même pour tout le monde.»
Accusation à peine voilée de racisme. Comme si la police avait tué Villanueva parce qu'il n'était pas blanc. Plus capable de ces conneries qui attisent la division et la haine entre nous. Et toi Luck, montes-tu aux barricades lorsqu'un Blanc se fait descendre par la police ? Fais-tu des spectacles-bénéfices pour la jeune Blanche abusée par son père dans le fond de Coaticook, et qui ne croit plus au système de justice ?
La mort de Villanueva, aussi tragique soit-elle, fait partie du quotidien des forces de l'ordre. Lorsqu'un policier craint pour sa vie ou celle d'un confrère, il intervient. Le policier n'est pas un travailleur communautaire, et dans le tourbillon d'une intervention, bien peu d'entre nous pourraient prétendre du bien-fondé ou non de l'intervention qui a tué Villanueva.
ATTENDRE UN DRAME
Par contre, et c'est ce qui lève le coeur dans toute cette saga qui dure depuis un an : il aura fallu le décès du jeune Fredy pour que les élus réalisent que Montréal-Nord avait un problème. Incroyable. Quelle hypocrisie de voir défiler les politiciens et les leaders à Montréal-Nord afin de juguler la crise et d'éviter un débordement ! Tout à coup, on réalise l'importance d'investir dans la prévention et la sensibilisation. On développe toutes sortes de projets pour «occuper» les jeunes et pour intégrer les nouveaux venus. On pense même intervenir auprès des parents et trouver des solutions à long terme dans les noyaux familiaux.
DES FONDS UTILES
Tout le monde sait que Montréal-Nord ne deviendra pas Outremont demain matin et que la pauvreté y sera
pratiquement toujours omniprésente. D'où la nécessité d'investir dans cette lutte et cesser de couper dans le financement des organismes communautaires. Les démagogues de la droite médiatique sont rapides à dénoncer les travailleurs sociaux et les intervenants dans la rue. On aime les traites de «tricoteux de paniers» dans les lignes ouvertes, mais qui fera la job auprès des jeunes désoeuvrés ? Certainement pas la police. Ce n'est pas son rôle.
À une autre époque, les communautés religieuses se consacraient aux plus démunis de la société et offraient un cadre sécurisant. Aujourd'hui, la nouvelle religion de l'État peine à remplacer les communautés d'autrefois. Pourtant, les problèmes sont grandissants et différents. Que l'État veuille gérer de façon rigoureuse et réduire les dépenses inutiles, c'est une chose. Couper dans le financement des organismes pour équilibrer un budget constitue le véritable crime d'aveuglement volontaire vis-à-vis notre propre misère sociale.