e monde est divisé en deux. Ceux qui ont accès à des canots de sauvetage quand les bateaux coulent, et ceux qui boivent la tasse.
Je ne parle pas du capitaine du Costa Concordia...
UN BEAU CADEAU
Je parle plutôt de Joël Gauthier, l'ex-patron de l'Agence métropolitaine de transport.
L'homme a démissionné la semaine dernière, après un règne controversé de huit ans.
Non seulement les coûts du projet du train de l'Est (qui reliera Mascouche et Montréal) ont-ils doublé sous son autorité, passant de 300 millions à 715 millions, mais cette ligne qui devait être opérationnelle en 2012 ne sera prête qu'en avril 2014, minimum.
Bref, ce projet a tellement été mal géré que Jean Charest a décidé de mettre le grappin dessus et de le retirer des mains de l'AMT.
Même Michelle Courchesne, la présidente du Conseil du Trésor, a critiqué la façon de faire de Gauthier.
Or, qu'a reçu l'ex-patron de l'AMT, lorsqu'il a démissionné ? Une belle prime de départ de 115 000 $, pour le remercier du travail accompli.
PARACHUTES DORÉS
Joël Gauthier n'est pas le seul à avoir eu droit à un beau parachute doré quand l'avion qu'il pilotait a commencé à piquer du nez et à faire des vrilles.
Rappelez-vous la débâcle de la Caisse de dépôt, en 2008 : 40 milliards de dollars qui se sont volatilisés suite à de mauvais placements.
Même David Copperfield ne pourrait faire disparaître un tel magot.
Or, quand six hauts dirigeants de la Caisse ont décidé de quitter le paquebot qu'ils avaient torpillé, on leur a remis des primes de départ totalisant 3,8 millions de dollars !
Oui, monsieur... À lui seul, le grand patron Richard Guay a empoché un million, et le vice-président aux marchés boursiers, François Grenier, 950 000 $. C'est pas beau, ça ?
Ça me fait penser aux bonis qu'on a accordés aux cadres du réseau de la santé pour l'année 2009-2010 : 16,8 millions.
C'est vrai que ça va tellement bien, non ?
PASSER À LA CAISSE
Des exemples comme ça, on peut en sortir des tonnes : gestionnaires moyens qui reçoivent de généreux bonis, politiciens démissionnaires qui empochent de belles «allocations de transition» avant de passer à la caisse au privé - mettez-en, c'est pas de l'onguent !
On fait comme si l'argent poussait dans les arbres.
Dans le privé, quand tu démissionnes, tu n'as pas le droit à l'assurance-chômage, et quand tu travailles tout croche, tu n'as pas le droit à une bouteille de vin à Noël.
Pourquoi ça serait différent dans le secteur public ?
PENSER À L'AVENIR
Un petit mot, encore, sur Margaret Thatcher, dont on raconte la vie dans le film The Iron Lady...
La dame n'a pas eu peur d'utiliser des moyens impopulaires pour sortir son pays du trou où il s'était enfoncé.
Elle ne pensait pas à sa popularité, elle ne dirigeait pas en fonction des sondages, elle se foutait d'être réélue ou pas - tout ce qui lui importait était de faire ce qu'il fallait faire pour remettre son pays sur les rails.
«Quand on veut être aimé, on fait toutes sortes de compromis et on ne réussit rien», disait-elle.
Où est la Margaret Thatcher du Québec ?