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La chronique de Richard Martineau

Le crime d'Ovide Plouffe

Richard Martineau
19/03/2009 06h43 

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La chronique de Richard Martineau - Le crime d'Ovide Plouffe
 

Cette semaine, le Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaire au Québec, mis sur pied et présidé par le banquier L. Jacques Ménard (dont je salue bien bas l'implication sociale), a déposé un rapport présentant diverses solutions pour lutter contre le décrochage scolaire.

À la fin du document, les auteurs proposent un plan d'action en dix points.

La première action se lit comme suit : «Élargir à l'ensemble de la société québécoise le consensus sur la nécessité de valoriser l'éducation et la persévérance scolaire.»

De toutes les actions proposées par le Groupe, celle-ci est la plus générale. C'est aussi la plus difficile à réaliser.

Car ici comme ailleurs, l'éducation n'est pas valorisée. Elle est méprisée.

OVIDE ET GUILLAUME

Vous vous souvenez des Plouffe ?

Il y avait Guillaume, le cancre débrouillard qui avait les deux pieds sur terre. Et Ovide, l'intellectuel ridicule qui avait les deux pieds dans la même bottine.

Eh bien, on a beau avoir troqué la Grande Noirceur pour l'économie du savoir, l'éducation est toujours mal perçue.

Il n'y a toujours pas de place pour les Ovide Plouffe du monde entier.

Vous parlez bien ? On vous traite de maudit Français qui pète plus haut que le trou.

Vous préférez la bibliothèque au gym? On vous harcèle dans la cour d'école.

Lire des mémoires de vedettes ou des sagas fantastiques avec des vampires et des dragons, pas de problème, c'est un beau passe-temps. Mais des gros livres compliqués? C'est suspect.

Il y a sûrement quelque chose qui cloche avec vous.

UN SIGNE DE DÉCADENCE

La culture, c'est comme l'alcool. Il faut en consommer avec modération. Les gens qui vivent trop dans le monde de l'abstraction et des idées sont des déviants.

Le pianiste Alain Lefèvre m'a déjà fait remarquer à quel point la culture est perçue comme un vice, au cinéma. La plupart du temps, quand un personnage écoute de la musique classique, dans un film, c'est soit un tueur en série, soit un nazi.

Comme si l'amour de la beauté était un signe de décadence.

Aujourd'hui, si vous avez des lettres, vous devez les cacher. Si vous avez un gros bagage intellectuel, vous devez l'entreposer dans le grenier pour ne pas indisposer votre entourage.

ÉLOGE DE LA RICHESSE

On ne cesse de le répéter : les Québécois n'aiment pas les riches. Plus une personne est pauvre, plus elle est «bonne» moralement. Cet amour de la misère est un héritage de notre passé catholique.

C'est la même chose avec la richesse culturelle ou intellectuelle. Si vous êtes allé à l'université, il ne faut surtout pas que ça paraisse.

Gardez vos connaissances pour vous. Écoeurez-nous pas avec votre savoir.

Soyez «peuple». Parlez comme tout le monde. Riez aux mêmes niaiseries que nous.

Réconfortez-nous dans notre petitesse. Surtout, n'essayez pas de nous montrer qu'il y a une façon de s'en sortir. D'aller un peu plus haut, un peu plus loin.

QUESTION QUIZ

«Les jeunes sont le reflet de la société au sein de laquelle ils vivent», écrivent les auteurs du rapport du Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaire au Québec.

Or, selon une étude effectuée en 2005, devinez quelle est la province qui valorise le moins l'éducation?

C'est un signe de notre distinction, j'imagine.






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