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La chronique de Richard Martineau

Le banc de poissons

Richard Martineau
03/02/2009 09h04 

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La chronique de Richard Martineau - Le banc de poissons
 

Les politiciens ont souvent peur de dire ce qu'ils pensent vraiment sur des sujets controversés.

Ils ont peur de se faire ramasser, de se faire traiter de tous les noms et de perdre leurs alliés. Alors, ils se taisent, rentrent docilement dans le rang et bêlent comme tout le monde.

Eh bien, s'il y a une leçon que j'ai tirée de mon passage houleux à Tout le monde en parle dimanche, c'est que les gens qui pensent à contre-courant ont tort de fermer leur gueule et de garder leurs opinions pour eux-mêmes.

Ils devraient prendre leur courage à deux mains et dire haut et fort ce qu'ils pensent.

Ils se rendraient compte qu'ils ont beaucoup plus d'amis qu'ils ne le croient.

UNE SOCIÉTÉ SCLÉROSÉE

Depuis hier, je suis inondé de courriels de gens qui disent qu'ils en ont marre de l'unanimité molle qui règne au Québec.

Bien sûr, j'ai reçu plusieurs messages haineux provenant de téléspectateurs qui détestent ma gueule, ma voix et le fait que je respire, mais la grande majorité des gens m'ont écrit pour me féliciter d'avoir le courage d'exprimer mes opinions.

Pourtant, je n'ai rien fait de remarquable. Je me suis juste demandé si on avait le droit, au Québec, de critiquer l'Église syndicale sans être brûlé sur la place publique.

Mais il semble que juste dire ça est une véritable révolution, au Québec.

Ça vous prouve à quel point on vit dans une société sclérosée, qui n'accepte aucun discours allant à l'encontre du grand bêlement collectif.

PRÊCHER POUR SA PAROISSE

Vous en avez ras le bol d'être taxé de misogyne et de macho dès que vous critiquez les dérapages de certaines féministes?

Vous n'êtes pas seul.

Vous en avez ras le bol de vous faire traiter de raciste dès que vous condamnez les délires paranoïaques de certains porte-parole de communautés ethniques?

Vous n'êtes pas seul.

Vous êtes tanné qu'on vous traite de suppôt de l'extrême droite dès que vous osez critiquer les papes du syndicalisme?

Il y en a plein comme vous. Et, contrairement à ce que pensent les ténors du grand bêlement collectif, ils n'ont pas tous voté ADQ.

Moi, quand j'entends le boss du Conseil du patronat prononcer un discours, je ne bois pas passivement ses paroles. J'en prends et j'en laisse. Je me dis qu'il dirige un groupe de pression et qu'il prêche pour sa paroisse.

Eh bien, c'est la même chose pour les présidents de syndicats. Quoiqu'en pense la gauche godasse, les syndicats ne défendent pas le bien-être de la COLLECTIVITÉ. Ils défendent les intérêts de LEURS MEMBRES.

Il y a une maudite grosse différence.

Ce qui se passe au-delà des frontières de leur petit club privé ne les intéresse pas.

LE GAG DU SIÈCLE

Ce qui me fait particulièrement jouir dans tout le débat entourant le conflit de travail au Journal de Montréal est de voir Radio-Canada et La Presse pousser des petits cris d'indignation dès qu'un président de syndicat parle d'ingérence.

Quoi? Radio-Canada qui a crissé François Parenteau et Normand Lester dehors parce qu'ils étaient trop nationalistes? La Presse qui a mis André Pratte au pas quand il a osé critiquer Jean Chrétien?

Vous jouez les vierges offensées? Vous donnez des leçons de morale?

Elle est bonne, celle-là!






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