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La chronique de Richard Martineau

L'attrapeur de rêves

Richard Martineau
28/08/2008 05h10 

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La chronique de Richard Martineau - L'attrapeur de rêves
 

Le 28 août 1963, à Washington, au terme d'une manifestation destinée à dénoncer le racisme aux États-Unis, Martin Luther King a prononcé l'un des plus célèbres discours de l'histoire de son pays, pour ne pas dire de l'humanité.

«I HAVE A DREAM»

«Mes amis, malgré les difficultés et les frustrations du moment, j'ai tout de même un rêve, a lancé le révérend aux milliers de personnes qui s'étaient massées devant le Capitole. C'est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain.

«Je rêve qu'un jour, cette nation se lèvera et fera enfin honneur à la vraie signification de son credo : Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes naissent égaux.

«Je rêve qu'un jour, sur les collines rouges de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.

«Je rêve qu'un jour, mes quatre enfants vivront dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais à la mesure de leur caractère...»

L'HISTOIRE EN DIRECT

Ce soir, 45 ans jour pour jour après que Martin Luther King a prononcé ce discours historique, Barack Obama montera sur une scène à Denver afin de recevoir l'investiture du Parti démocrate.

Vous imaginez ce que ce moment signifie pour les Afro-Américains ? C'est presque la concrétisation du rêve de King...

En 1963, les forces policières de la ville de Birmingham, en Alabama, lâchaient des chiens sur des Noirs qui manifestaient contre la ségrégation. Et en 2008, le Parti démocrate envoie un politicien noir briguer la présidence du pays.

On a beau dire que ce n'est pas parce qu'on est Noir qu'il faut obligatoirement voter pour un Noir, reste que si j'étais Afro-Américain, ce soir, je pleurerais de joie.

TROP MAIGRE

Cela dit, il a beau être brillant et charismatique, Barack Obama est loin d'avoir gagné la lutte. Le président des États-Unis est aussi le chef de l'armée, et plusieurs trouvent que le candidat démocrate n'a pas la stature requise pour imposer le respect aux troupes.

En d'autres mots, il n'est pas assez viril. L'Américain moyen ne veut pas être dirigé par un ex-professeur de droit constitutionnel, mais par un cow-boy qui parle fort et qui pisse loin.

Récemment, le Wall Street Journal a publié un long reportage affirmant qu'une grande proportion d'Américains ne voteront pas pour Obama parce qu'ils le trouvent... trop maigre !

Il n'est pas assez imposant, disent-ils. En plus, il surveille son alimentation et passe sont temps à aller au gym... Pour qui se prend-il ?

La pression est tellement forte que les conseillers d'Obama ont encouragé leur poulain à se faire filmer dans des restaurants de fast-food, un gros hamburger à la main, pour améliorer son image !

«Manger santé, aux États-Unis, ça fait snob, a dit un électeur. C'est comme s'il ne faisait pas partie de la famille...»

DEUX MODÈLES

Aux States, on veut un gros gars qui mange de la viande rouge, pas un intello chétif qui bouffe des salades de roquette.

En novembre prochain, nos voisins du Sud devront choisir entre deux modèles de président : le gros Hummer (Mc-Cain, un ex-héros de guerre) ou la petite hybride (Obama).

Pas sûr que la Prius va gagner la course...






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