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La chronique de Raymond Gravel

Des adieux déchirants et troublants

Raymond Gravel
05/02/2009 10h48 

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Une chronique dans le Journal de Montréal, quelle belle opportunité, pour un prêtre, de rejoindre plus d'un million de lecteurs, chaque semaine, par une réflexion sur l'actualité. Ça vaut bien des prédications dans nos églises vides du Québec. Malheureusement, mon enthousiasme s'est vite estompé!

Lorsque le lock-out a été décrété au Journal de Montréal, les pressions ont commencé. Après consultations et réflexions, j'avais décidé de continuer à écrire, non pas contre les syndiqués en conflit, mais bien pour les lecteurs. Et comme je n'avais pris la place de personne, j'ai cru bien naïvement que je pouvais poursuivre ma contribution comme pigiste.

À mon retour de la politique active, j'ai repris ma fonction d'aumônier des policiers de Laval que j'avais exercée pendant 15 ans. Au moment de mon engagement, on m'avait précisé de rester à l'écart des relations de travail des policiers, car j'étais prêtre au service de tous les policiers, même des cadres. J'ai toujours respecté scrupuleusement cette consigne. Actuellement, une démarche est entreprise pour que je sois aumônier des pompiers de Montréal avec les mêmes recommandations.

Et pourtant, dans le conflit actuel des 253 journalistes et employés du Journal, on m'oblige à prendre parti, ce que j'ai toujours refusé de faire. J'ai reçu une lettre du syndicat des journalistes me demandant de cesser ma collaboration. Ce qui est ironique dans cette lettre, c'est que les instances légales du syndicat contestent mon embauche et me demandent, en même temps, ma solidarité avec les syndiqués, et si j'accepte de les appuyer, je pourrai compter sur leur soutien. En d'autres mots, on sollicite mon aide pour me foutre à la porte et on a le culot de m'offrir un soutien!

Comment se fait-il que, dans un conflit de travail, il n'y ait plus de place à la réflexion et au raisonnement? Il faut être pour ou contre, sans nuance, comme si la justice et la vérité n'étaient que d'un côté. S'il est vrai, comme le prétend le syndicat, qu'on m'a embauché pour remplir les pages du Journal en cas de conflit, c'est mesquin, hypocrite et inacceptable de la part de la direction, mais si c'est seulement un argument utilisé pour discréditer l'employeur, c'est tout autant déplorable et dégueulasse. Ma seule certitude, c'est que je suis victime d'un conflit qui ne m'appartient pas et pour lequel je ne peux rien faire, sinon me retirer tout simplement, en attendant qu'un règlement survienne à la satisfaction des deux parties.

Ce n'est donc pas de gaieté de coeur que je cesse mes chroniques, car j'ai toujours été respecté par la direction et j'avais une grande liberté quant au contenu de mes réflexions. C'est par conviction que j'ai laissé mon travail de député fédéral pour rester prêtre. Et c'est avec la même dignité que je me retire comme chroniqueur, puisqu'il m'est devenu impossible d'exercer cette fonction dans la situation actuelle.

Cependant, cette pénible aventure me laisse perplexe et me blesse profondément. Si je ne peux continuer à écrire sans prendre parti dans le conflit qui oppose Quebecor et ses journalistes, comment pourrai-je conserver ma neutralité comme aumônier de police ou de pompier? Une chose est certaine : si je refuse d'être utilisé par des patrons, je n'accepterai jamais d'être manipulé par des syndiqués.

Mais au fait, qu'est-ce que la liberté?






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