Gilles Duceppe sait qu'il court des risques en s'offrant des bains de foule, mais il ne s'attendait pas à tomber sur Justin Trudeau, hier.
Faisant la tournée du Marché Jean-Talon, à Montréal, fort achalandé le samedi, le chef du Bloc a bien sûr tendu la main immédiatement.
En invitant toutefois le fils de PET à rendre visite à sa députée, Vivian Barbot, candidate du Bloc dans Papineau, un quartier plutôt loin d'Outremont, mais par où Justin Trudeau tente de faire son entrée aux Communes.
Si Gilles Duceppe a paru plutôt baveux, l'apprenti politicien libéral a fait montre d'une étonnante humilité.
«J'ai un immense respect pour tous ceux qui défendent leurs idées et servent leur pays, peu importe la définition qu'ils en ont», a-t-il dit, en anglais.
Ce soir, Télé-Québec diffusera l'émission de Luck Mervil, 3950, où Trudeau sera minoritaire. Une expérience qu'il juge importante. Ainsi l'explique-t-il en français : «Pour moi, c'est important de s'entretenir même avec les gens avec qui on n'est pas parfaitement d'accord parce qu'on va arriver ensemble à façonner un avenir pour ce pays.»
Vue sous cet angle, a-t-il expliqué, la poignée de main d'hier prend tout son sens. «C'est pour ça que j'étais très content de serrer la main de M. Duceppe», a dit le candidat Trudeau avant de faire «un peu d'épicerie».