Membres Canoe.ca

Nos bulletins

Apprenez les nouvelles dès qu'elles se produisent..

Adresse électronique :

Tous nos bulletins


La chronique de Joseph Facal

Réapprendre à marcher

Joseph Facal
10/06/2009 10h09 

Partager

Pauline Marois dévoile donc sa stratégie en faveur de la souveraineté. Le PQ, voyez-vous, a été créé pour cela.

Évidemment, ce n'est pas simple. Mettez-vous un instant dans ses souliers. D'un côté, si elle ne donne pas à boire et à manger aux militants souverainistes, ils lui rendront la vie impossible, ou resteront chez eux.

D'un autre côté, la souveraineté piétine à 42% depuis longtemps, et seul un illuminé peut croire qu'elle est faisable à court terme. Jacques Parizeau fut certes un grand leader, mais il avait jadis bénéficié d'un alignement des astres exceptionnels. Rien de tel aujourd'hui.

C'est moins compliqué du côté des libéraux provinciaux. Que voulez-vous, tous les partis n'ont pas la chance d'être dirigés par un «Grand Bâtisseur» entré vivant dans les manuels d'histoire.

En gros, la stratégie de madame Marois est que le Québec s'affirme au maximum dans le cadre politique actuel. Tout gain supplémentaire renforcera le Québec. Tout blocage illustrera les limites du régime fédéral. C'est de bonne guerre.

DEUX DIFFICULTÉS

Madame Marois fera évidemment face à deux objections.

La première est : si Ottawa dit non, vous faites quoi ? Stephen Harper n'a rien à gagner au Québec, et Michael Ignatieff est un trudeauiste impénitent. De toute façon, le Canada anglais est désormais convaincu que nous n'aurons pas le courage de faire la souveraineté en cas de blocage. C'est aussi la conclusion à laquelle Nicolas Sarkozy est parvenu. Dur de leur donner entièrement tort.

La deuxième objection sera de dire que si la souveraineté demeure l'objectif ultime, ces revendications de nouveaux pouvoirs sont des astuces conçues pour susciter artificiellement une crise politique. Mais cet argument serait plus convaincant si Jean Charest avait lui-même la moindre crédibilité en matière constitutionnelle. Entre le PLQ de Robert Bourassa et celui d'aujourd'hui, une mutation génétique s'est produite : le PLQ est devenu un clone du PLC.

VRAI DILEMME

Chose sûre, les souverainistes qui n'aimeront pas l'approche de madame Marois n'ont pas nécessairement mieux à proposer. Promettre un référendum coûte que coûte, mais sans y croire soi-même, c'est ce que le PQ a fait à l'élection de 2007. Les Québécois n'aiment pas qu'on les prenne pour des idiots, et vous font payer le prix.

Si le passé est porteur d'une leçon, c'est qu'on ne peut pas sérieusement envisager de tenir un référendum si on n'a pas remporté une élection avec autour de 45% du vote, en demandant, explicitement et sans aucune ambigüité possible, un tel mandat. À l'élection de 1994, le taux de participation avait aussi été de 81,58%. La barre est haute, très haute.

Au moins, les souverainistes sortent de leur longue négation du réel et recommencent à bouger. Personne n'a jamais dit que ce serait facile. Depuis le temps, si une solution simple existait pour transformer une idée minoritaire en une idée majoritaire, elle se serait naturellement imposée.

Évidemment, les fédéralistes québécois, eux, ont leur solution toute trouvée: faire croire qu'il n'y a pas de vrai problème, et laisser le Québec devenir rapidement une grosse Acadie. Ils sont mal placés pour rigoler.






Partager





  LES GRANDS TITRES
[an error occurred while processing this directive]
National
[an error occurred while processing this directive]
Faits divers
[an error occurred while processing this directive]
International
[an error occurred while processing this directive]
Environnement
[an error occurred while processing this directive]
Dossiers
  EN CE MOMENT
  TVA DANS VOTRE RÉGION
Pour consulter les informations
régionales,
choisissez une région dans
le menu ci-dessous.