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La chronique de Joseph Facal

Percer le rocher

Joseph Facal
Le Journal de Montréal
16/04/2008 08h38 

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Certaines des réactions au rapport Montmarquette sur la tarification des services publics illustrent l'ampleur du travail qu'il reste à faire avant de prendre ce virage pourtant indispensable.

Passons rapidement sur les réactions les plus loufoques. M. Charles Tanguay, porte-parole de l'Union des consommateurs, s'est empressé de pourfendre le rapport tout en avouant ne pas l'avoir lu. Dieu merci, dans la vraie vie, le ridicule ne tue que la crédibilité, pas les personnes.

Dès que des hausses de tarifs sont proposées, il s'en trouve pour dire qu'on paie déjà bien assez d'impôts au Québec.

Justement, si nos impôts sont lourds, c'est en partie parce qu'ils servent à financer des services insuffisamment tarifés.

Si on payait un prix plus réaliste chaque fois que l'on consomme un service à la carte, on pourrait alléger les impôts. Il ne s'agit donc pas d'alourdir le fardeau global, mais de revoir le dosage entre impôts et tarifs.

SAINE GESTION ?

Dès que des hausses sont proposées, des citoyens se dépêcheront de dire qu'il faut d'abord que le gouvernement cesse de gaspiller.

Les amateurs de tribunes téléphoniques ont toujours leur liste prête : les voyages des députés, les repas au restaurant des fonctionnaires et les «limousines» des ministres. Qu'il y ait des abus par-ci par-là, sans doute. Mais entre les milliards que coûtent les services publics et les économies à faire en resserrant la gestion, il y a quelques zéros de différence. Dès que des hausses sont proposées, il s'en trouve pour dire qu'Hydro-Québec fait bien assez de profits comme ça. Allô, la Lune ? Hydro-Québec n'est pas une entreprise privée. Ses dirigeants ne mettent pas les profits dans leurs poches.

Une partie des profits finance les opérations d'Hydro-Québec et une autre partie retourne au gouvernement pour financer nos hôpitaux et nos écoles. Devoir encore expliquer cela en 2008... enfin, vous devinez ce que je ressens.

NID-DE-POULE

Fournir un service coûte plus cher au gouvernement d'année en année, en raison de l'inflation et des hausses de salaires des employés.

Si les tarifs et les impôts sont gelés, il faut forcément couper dans la qualité du service offert. Voyez nos routes et nos universités. Que la qualité ait un prix est encore mal compris.

Enfin, quand une ressource semble gratuite, on la gaspille forcément. En moyenne, un Québécois consomme huit fois plus d'eau qu'un Danois. Nous nous disons soucieux de l'environnement.

Rassurez-vous, je n'aurai pas l'outrecuidance de suggérer que nous sommes des grands parleurs, petits faiseurs. C'est toujours le voisin qui gaspille, jamais nous, n'est-ce pas ?

TÔT OU TARD

Toutes ces évidences, la gauche moderne les a comprises depuis longtemps. La droite aussi.

La gauche paléolithique, elle, toujours généreuse quand il s'agit de dépenser l'argent des autres, propose de faire encore plus de ce qui ne marche pas.

Évidemment, rien ne changera tant que nous aurons un gouvernement minoritaire. Après, il faudra beaucoup de courage.

Bien sûr, plus nous attendrons, plus la bouchée sera grosse à avaler. Mais ces changements surviendront tôt ou tard. Inévitablement. Qu'ils plaisent ou pas.

Petit à petit, le ruisseau finit effectivement par percer le rocher.






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