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La chronique de J. Jacques Samson

L'Everest d'Alain Loubier

J. Jacques Samson
09/09/2008 09h45 

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La chronique de J. Jacques Samson - L'Everest d'Alain Loubier
 

Le Renouveau municipal de Québec (RMQ) n'est pas au goût politique du jour dans la ville de Québec, qui a élu des députés de l'ADQ et du Parti conservateur, en 2006 et 2007. Il paie la note depuis décembre 2007 pour avoir fait l'économie de remises en question profondes sur ses orientations, après l'annonce de la retraite politique de Jean-Paul L'Allier.

Héritier du Rassemblement populaire (familièrement appelé le Raspop), parti de gauche qui combattait le Progrès civique de Jean Pelletier, le RMQ est encore identifié à un discours politique axé sur l'interventionnisme poussé et coûteux du gouvernement municipal en matières sociales, culturelles, environnementales. Sur le plan économique, son action a avant tout été institutionnelle, à travers des organismes de promotion économique. Il a aussi mis en place une démocratie municipale lourde et paralysante. L'administration L'Allier était jugée inhospitalière par les milieux d'affaires. Le RMQ a par ailleurs toujours été associé très étroitement au Parti québécois, qui n'a plus la cote à Québec.

Lors du congrès à la direction du RMQ pour élire un successeur à Jean-Paul L'Allier, un candidat de l'extérieur, un certain Régis Labeaume proposait un recentrage du parti. Il menait même après le premier tour de scrutin. Une autre candidate, Ann Bourget, s'est toutefois ralliée au numéro 2 du régime L'Allier, Claude Larose, pour barrer la route à M. Labeaume. Claude Larose fut ainsi élu chef du RMQ, mais il fut balayé en novembre 2005 par Andrée Boucher.

M. Larose laissa la direction du parti à Ann Bourget, laquelle en vint vite à dire qu'elle voulait aussi recentrer le RMQ pour mieux coller aux attentes de la population. Elle n'eut pas le temps ou se buta à trop de résistance, mais cela ne se fit jamais vraiment. Elle essuya donc un cuisant revers à son tour en décembre 2007 aux mains de... Régis Labeaume, celui-là même à qui elle avait coupé l'herbe sous le pied deux ans plus tôt.

L'effritement

Le RMQ se désagrège lentement en réalité depuis novembre 2005, même s'il avait alors récolté une forte majorité de sièges au conseil. C'était cependant par défaut, parce que Mme Boucher avait choisi de se présenter à titre d'indépendante à la mairie, sans opposer de candidats à ceux du RMQ et de l'Action civique. Des conseillers du RMQ quittent maintenant le navire un à un, à l'approche des élections de novembre 2009, dans l'espoir de sauver leur peau.

L'opposition n'allait nulle part et le chef intérimaire, Jean-Marie Matte, a décidé de laisser la place. Le Renouveau municipal est dirigé depuis jeudi dernier par le conseiller Alain Loubier. M. Loubier sera beaucoup plus redoutable au conseil que M. Matte face au maire Régis Labeaume. Il a du panache, il argumente serré et il peut être cinglant. On doit s'attendre au retour au style d'opposition systématique que menait Ann Bourget à Andrée Boucher. M. Loubier est d'ailleurs maintenant le conjoint de Mme Bourget.

Le maire est toutefois en lune de miel encore avec les citoyens de Québec. il détient une cote de popularité inégalée. Ses confrontations avec les syndicats d'employés municipaux ne font que lui attirer des appuis. Il exerce beaucoup de leadership dans tous les secteurs d'activités. Il prend tellement de place qu'un phénomène d'usure s'installera à coup sûr dans l'opinion publique, mais à quatorze mois des élections municipales, le pourcentage de probabilités qu'il soit défait est à peu près nul.

M. Loubier devra par ailleurs garder uni un parti miné par des luttes fratricides en raison de la réduction du nombre de sièges au conseil.

Il s'attaque donc à une mission qui apparaît quasi impossible. Mais la première étape qu'il ne peut escamoter à son tour est de voir à ce que ce parti se donne en congrès des orientations claires, des points de repère pour les citoyens et les médias sur ce qu'est le RMQ en 2008 et ce qu'il propose. À défaut de quoi, il traînera l'image de succursale du PQ, plus à gauche que la maison mère, à laquelle se greffent des granolas rêveurs, obsédés par le transport en commun et le compostage, amateurs de macramé, mais adversaires du développement économique et de l'automobile, sous le couvert de deux axes difformes : le développement durable et le progrès social. Les caricatures ont la vie longue.






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