INCONTOURNABLES

Billets Internet Bromont
Défi J’arrête, j’y gagne !
Soumission belairdirect
PUB

Membres Canoe.ca

Nos bulletins

Apprenez les nouvelles dès qu'elles se produisent..

Adresse électronique :

Tous nos bulletins


J. Jacques Samson

Votre Excellence


25/09/2006 23h53 

Partager

 J. Jacques Samson - Votre Excellence
 

Le président de l'Afghanistan, Hamid Karzaï, a levé le nez sur une occasion privilégiée de s'adresser aux soldats du 22e Régiment, basés à Valcartier, qui seront déployés dans son pays dans quelques mois et à leurs familles qui les attendront dans l'angoisse au Québec.

Il avait été convenu que Son Excellence devait nous accorder une entrevue téléphonique samedi après-midi, entrevue qui avait été proposée au Journal par le gouvernement canadien. Nous avons cependant été les yo-yos durant deux jours de tractations entre les autorités afghanes et les dirigeants canadiens qui tenaient à cet interview. Pendant ce temps, ma collègue Annie Fernandez et moi avons préparé inutilement l'entrevue en nous documentant pour pouvoir formuler des questions que nous jugions pertinentes dans le contexte spécifique de la future mission des militaires de Valcartier.

Ce n'est que vers 15 h samedi que nous avons été informés que le président de l'Afghanistan ne s'entretiendrait pas avec nous. M. Karzaï n'a jamais accepté aucune entrevue téléphonique, a-t-on alors invoqué pour faire marche arrière. Or nous nous serions rendus à Montréal si l'interview avait été confirmé dans des délais raisonnables par l'ambassade de l'Afghanistan.

Ironie du sort, au moment de la volte-face des dirigeants afghans, les réseaux de télévision retransmettaient les images du rapatriement des corps de quatre soldats canadiens tués en Afghanistan il y a quelques jours...

Le président Karzaï était en visite au Canada pour témoigner de l'importance de la mission de l'OTAN dans son pays et soutenir du même coup le gouvernement Harper qui baigne dans une controverse qui pourrait lui coûter le pouvoir, en raison de l'engagement militaire du Canada au Moyen et au Proche-Orient. Le Canada a aussi débloqué des centaines de millions pour la reconstruction de son pays.

Le président Karzaï devait savoir qu'à Rome on fait comme les Romains et qu'en Amérique du Nord, le téléphone et Internet sont des outils de travail courants. L'époque des cours royales est révolue ici. Deux, les militaires de Valcartier risqueront bientôt leurs vies pour le débarrasser de talibans extrémistes qui maintiennent la population dans la terreur et qui s'enrichissent avec des narcodollars. Trois, l'aide militaire et économique du Canada contribuera à nettoyer son pays et conséquemment à le maintenir au pouvoir. Cet effort est financé par nos impôts. Alors un peu d'humilité, Excellence!

Nous voulions que vous disiez personnellement aux gens de Valcartier, soldats, conjoints(es), enfants, en quoi leurs sacrifices seront-ils si importants. Quel intérêt le Canada y trouvera-t-il? Comment nos militaires seront-ils accueillis par la population afghane? Quel pourcentage de celle-ci appuie les talibans? Combien de temps la présence des militaires de divers pays sera-t-elle nécessaire, selon vous, pour assurer la stabilité politique et la sécurité dans le pays? L'aide militaire et économique de ces mêmes pays ne sert-elle pas votre régime au premier chef? Dans quelle mesure les Afghans peuvent-ils aider à prévenir les attentats meurtriers contre des soldats canadiens et autres? Les encouragez-vous à dénoncer les complots et des gestes de kamikazes qui pourraient être portés à leur connaissance? Jusqu'où êtes-vous disposé à aller pour neutraliser la culture et le commerce de drogues, la principale activité économique du pays, contrôlée dit-on par les talibans? Les militaires peuvent-ils par exemple être chargés de vastes opérations pour détruire les cultures?

M. Karzaï a certes rencontré brièvement quelques haut gradés de l'armée canadienne, samedi matin, à Montréal. Mais les troupions de Valcartier, leurs conjoints et enfants auraient sans doute aimé connaître les réponses à des questions de ce type. C'est bien beau payer de vies de jeunes soldats canadiens pour faire le ménage chez vous, Excellence, et payer de nos impôts pour rebâtir, mais au Québec, quand on demande de l'aide sociale, on doit au moins remplir les formulaires et répondre aux questions. Il en va de même quand on demande une aide internationale aussi coûteuse.






Partager





  LES GRANDS TITRES
National
Faits divers
International
Environnement
Dossiers
  EN CE MOMENT
  TVA DANS VOTRE RÉGION
Pour consulter les informations
régionales,
choisissez une région dans
le menu ci-dessous.