Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Agence QMI

Une chronique de mauvaise humeur

Une chronique de mauvaise humeur

SÉBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI

Ceci est une chronique d'humeur, essentiellement mauvaise.

N'étant pas au Québec en ce moment pour des raisons de travail et recevant les nouvelles au compte-gouttes, celle de la défaite assassine du Parti québécois m'a fait l'effet d'un coup de massue. Je me suis effondré, littéralement, à l'instar du PQ.

J'ai soudainement perdu le goût de vivre. À quoi bon lutter s'il faut toujours recommencer à zéro dans ce pays qui n'arrive jamais et qui n'arrivera jamais, j'en suis de plus en plus persuadé. J'ai pensé mourir, car comme on dit, j'avais mis tous mes oeufs dans le même panier du Parti québécois.

On n'a même pas réussi à limiter les dégâts. À travers ce vote, c'est comme si c'était moi qu'on rejetait, qu'on tuait. Aussi, je me sens rejeté par les miens, par mes frères, par mes semblables, désespéré, sans ressources pour rebondir, tout comme des gens de grande valeur et candidats du PQ ont été rejetés tout aussi brutalement. Me cracher dans les mains et reprendre de plus belle ? Ça n'a plus aucun sens. Je suis épuisé. N'en peux plus d'avancer en arrière. Me sentir honteux d'être ce que je suis dans mon désir d'indépendance. Que faire ? Je voudrais en ce moment être Catalan pour pouvoir afficher, aux côtés de millions de Catalans, ma foi indépendantiste.

On a dû, j'imagine, compter les circonscriptions où l'addition des votes « progressistes », péquistes et QS, aurait certainement fait la différence dans les résultats finaux. Mais au-delà de ces calculs à rebours, c'est l'ensemble de la stratégie qu'il faudrait revoir, je sais. Mais à quoi bon aujourd'hui ?

Les Québécois sont très souvent difficiles à suivre. Même impossibles à suivre. Malgré toutes les savantes études sur l'Homo Quebecensis, sur notre histoire « glorieuse », faite de résistance et d'ingratitudes, mais aussi d'abdications et de trahisons à répétition, je me rends compte que les Québécois succombent vite au premier vendeur d'assurance qui se présente à leurs portes pour leur vendre sa salade à coups de beaux sourires, de belles promesses et de petites tapes sur l'épaule pour les mettre en confiance. Je ne me reconnais pas dans ce comportement, mais c'est un fait qu'il existe et qu'il est généralisé.

Ce que je peux comprendre, c'est qu'on a voté pour le changement. On voulait se débarrasser du PLQ. D'accord. Mais sans véritablement comprendre le sens de tout ce branle-bas de combat. La CAQ, c'est un PLQ nouveau. C'est ça le changement ? Laissons la chance au coureur, que j'entends. Mais on court depuis deux siècles. Sans jamais arriver au but. On court dans tous les sens, à droite, au centre, à gauche. On est passé maître dans la course sans direction véritable, sans but précis. Pour changer d'air mais, en fait, en faisant surtout du sur-place. On succombe si facilement à l'enchanteur qui nous remplit d'endorphines. Et puis nous sommes si accommodants, qu'on nous répète.

Avec le vote de Québec solidaire, on a voulu se débarrasser du Parti québécois. Les jeunes contre les vieux comme moi. Triste constat. Oubliez-moi donc. Je dois me retirer de cet espace où je n'ai plus ma place, semble-t-il, avec mes espoirs perdus, mes illusions trop belles, mes combats passés, mes blessures de guerre, mes trop nombreux chagrins. Tout cela n'a plus aucun sens. Tout cela n'aura servi à rien. Du passé faisons table rase. Place au convivialisme communautaire, place au multiculturalisme de gauche, place à la confusion.

François et Manon. On a voulu répéter la chance donnée au bon vieux Jack du NPD : « Y a l'air si bon, si fin, et puis on veut du changement. » Du vent, rien que du vent, ce soi-disant changement. Le changement, il n'est jamais venu. Résultat : Le Bloc québécois, qui défendait farouchement les intérêts du Québec à Ottawa, a été relégué aux oubliettes, comme on le fait avec le Parti québécois aujourd'hui. Bravo les jeunes ! Bravo l'ingratitude ! Bravo Radio-Canada/La Presse qui avez joué un rôle important dans cette défaite humiliante du PQ !

Vous me faites penser à celui qui a perdu sa clé et qui la cherche sous un lampadaire même si ce n'est pas à cet endroit qu'il l'a perdue. « Oui, mais au moins, là, il y a de la lumière... » Continuez de chercher.



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