Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Agence QMI

Lettre à peine voilée à Manon Massé

Lettre à peine voilée à Manon Massé

TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

La preuve que je ne suis pas communiste ni marxiste, c'est qu'il y, dans ma circonscription, un candidat du Parti communiste qui se présente contre moi, s'est défendue Manon Massé. Or, cette année, aucun candidat marxiste ne se présente contre la co-porte-parole de Québec solidaire.

Avouons que ce type de défense ne tient pas tellement la route. C'est comme si on accusait Philippe Couillard d'être un méchant capitaliste - j'ajoute le mot « méchant » à dessein car lorsqu'on accuse quelqu'un d'être communiste, cela suppose immanquablement que cette personne est méchante, avec le couteau entre les dents - et que monsieur Couillard se défendait de ne pas l'être en disant que la preuve, c'est qu'il y a un autre capitaliste, François Legault, qui se présente contre lui. Ça ne signifie pas grand-chose, n'est-ce pas?

Alors, Manon, défends-toi autrement, ou ne te défends pas du tout car il n'y a pas de quoi fouetter un chat avec ce gendre d'accusation bidon. Mais surtout, arrête de jouer à la vertueuse. On est tous, à divers degrés, préoccupés par le bien-être de nos semblables, du moins au Parti québécois également. On veut tous « prendre soin du monde », et on veut tous « prendre soin de la planète », comme tu le répètes ad nauseam.

Tu vois, Manon, c'est ça qui me chicote avec tes déclarations. Ce n'est pas que tu sois rose ou rouge, que tu sois communiste, trotskyste ou verte, c'est vrai que ce sont des étiquettes qui servent à catégoriser les gens pour faire oublier ce qu'ils font concrètement en faveur des autres, des plus mal pris, des moins nantis, entre autres.

Non, ce qui me chicote et me dérange dans tes déclarations, dans ton attitude en général, c'est que tu sembles, en ce moment, emportée par un vent de suffisance et d'arrogance, comme si tu étais sur un nuage de gloire, au-dessus de la mêlée, sentant la victoire proche. Mais quelle victoire, Manon? Pas celle du pouvoir à Québec. Non, celle d'avoir réussi à faire reculer ton pire ennemi, pas les méchants capitalistes du PLQ ou de la CAQ, non, mais bien les « vieux » militants indépendantistes du PQ, un parti qui a donné le meilleur de lui-même depuis cinquante ans et qui a fait progresser le Québec comme jamais. Un détail. Du passé faisons table rase, sembles-tu dire, tout en invoquant bien maladroitement le nom de René Lévesque quand ça t'est utile.

Bien sûr, on peut ne pas s'entendre complètement sur ce bilan positif du PQ. On peut bien sûr rappeler l'épisode douloureux de la lutte au déficit zéro menée par Lucien Bouchard et crier à la trahison. Il y a de ces trahisons bien accommodantes, je trouve. Nous sommes pourtant nombreux à avoir abandonné le PQ à ce moment-là puis à y être revenus parce que c'était le seul véhicule à pouvoir nous mener jusqu'à l'indépendance. Nous n'avons pas joué au revanchard et nous avons recommencé à militer tous ensemble, en pilant sur nos orgueils, s'il le fallait. Parce que, dans ce bilan, il y a place à l'erreur et à sa correction.

Ce qui me chicote et me dérange, Manon, c'est que tu ne doutes de rien. C'est ce que j'ai noté chez plusieurs militants QS : vous possédez avec vous la vérité, vous avez le monopole de la vertu et ça s'entend dans vos discours angéliques et triomphalistes. Par contre, mine de rien, vous êtes les champions de l'exclusion, vous excluez tous les autres qui ne pensent pas comme vous et vous vous attribuez le monopole des idées et projets progressistes. Ça paraît bien et ça rapporte gros, à ce qu'il semble, puisque vous grimpez dans les sondages et que les médias sont tout mielleux avec toi.

Alors, quand je t'entends dire que « nous, à Québec solidaire, on s'occupe du monde », moi je vois ça comme un discours démagogique qui laisse entendre que vous êtes les seuls à être préoccupés du bien-être de nos concitoyens et ce discours me fait peur. Tiens, pour coller à l'actualité, ton discours, Manon, ressemble à celui de Trump, qui affirmait mardi dernier devant l'Assemblée générale des Nations unies, que les États-Unis n'avaient jamais autant progressé que sous son gouvernement. Un autre qui ne doute de rien.

Au Parti québécois, on ne tient pas ce genre de discours.



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