Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Canoë

Le discrédit de Québec solidaire

Le discrédit de Québec solidaire

Photo Agence QMI

Il est de plus en plus évident que Québec solidaire concentre ses efforts dans certaines circonscriptions de Montréal actuellement détenues par le Parti québécois afin de battre le PQ dans ses bastions et de faire élire si possible leurs candidats, au risque de faire passer un candidat caquiste.

Ils ont identifié le maillon faible du régime libéral, il s’agit essentiellement de circonscriptions à majorité francophones et urbaines détenues jusqu’à maintenant par les forces indépendantistes. Sans trop d’efforts, leurs troupes de choc font leur maximum pour salir le PQ et occuper l’espace. Il serait pourtant tellement plus intelligent et avantageux, mais aussi plus difficile, que QS tente de percer certaines zones acquises au PLQ et à la CAQ afin d’étendre le camp des forces progressistes, qui se divisent, veut veut pas, entre le PQ et QS.

Mais voilà, à force d’agir comme une secte, à force de s’être accaparé de toute forme de revendication progressiste, à force de prétendre détenir le monopole de la vertu, QS a discrédité les mots «gauche» et «socialisme».

On trouve maintenant de plus en plus de personnes qui, hier, s’identifiaient aux forces de gauche et qui maintenant ne veulent plus rien savoir de cette appellation ni du socialisme. QS est en train de saper nos efforts des années passées et de détruire toute forme d’union entre la gauche et la population.

Avant-garde autoproclamée de l’indépendantisme et du socialisme, QS, avec son angélisme populiste, sert maintenant de repoussoir, sauf parmi une frange d’adeptes et de militants zélotes qui parcourent tous les champs des médias sociaux afin de fustiger, voire d’excommunier tous ceux qui ne pensent pas comme eux, aussi bien au sujet des tactiques et stratégies pour arriver à l’indépendance qu’au sujet des questions identitaires. QS s’accoquine, au besoin, à ceux qui nous ont accusés de racisme, alimentant sous le couvert de l’antiracisme des guerres contre l’homme blanc, ou créant de fausses guerres entre femmes et hommes, alors qu’avant l’arrivée de ces « postmodernes », l’opposition se conjuguait entre indépendantistes et fédéralistes, entre ceux qui sont pour un Québec libre, social-démocrate et ouvert sur le monde et ceux qui s’y opposent.

Là où nous recherchions l’union des forces progressistes favorables à notre projet moderne, Québec solidaire, avec son sectarisme et sa rigidité, crée de la division et de l’antagonisme. On l’a vu, entre autres, dans l’attitude on ne peut plus rigide, intransigeante et négative à l’égard d’un Pierre Karl Péladeau chef du Parti québécois et dévoué à la cause indépendantiste. Jamais je me m’assoirai à côté de cet homme, avait clamé fièrement une porte-parole de QS. Dans ce parti, on pense encore en termes de luttes des classes, alors que notre combat est tout autre et a pris depuis longtemps de nouvelles dimensions.

Québec solidaire veut nous faire croire que nous vivons dans une société raciste, sexiste, misogyne et transphobe. Alors qu’il n’y a aucune loi raciste qui n’ait été adoptée, aucune loi sexiste, aucune loi misogyne ou transphobe. QS détourne donc notre combat rassembleur à ses propres fins, en faisant croire à l’existence d’une société sexiste, raciste, misogyne et transphobe. Alors que l’injustice réelle est celle qui est faite au peuple québécois dans son ensemble.

Difficile à imaginer ce que serait un gouvernement QS et une société vivant selon les préceptes du credo québecsolidairien, avec sa nouvelle morale d’accommodements en accommodements, son politiquement correct, sa victimisation permanente et sa culpabilisation des hommes ou femmes blancs, son retour aux petites communautés hermétiques, son multiculturalisme exaltant les différences plutôt que d’encourager au métissage. Décidément, je préfère rêver autrement.



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