Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Agence QMI

Rester ou partir ?

Rester ou partir ?

Photo Simon Clark

Carlos Fonseca Amador, le fondateur du Front sandiniste nicaraguayen, disait : « Les vrais amis sont ceux qui critiquent de front sans se cacher et qui louangent une fois le dos tourné. »

Si j'étais dans la peau de Jean-François Lisée, c'est peut-être la question que je me poserais, à cette étape-ci de la préparation aux élections générales : Rester ou partir ? Il n'est pas trop tard pour poser un geste noble, qui consisterait à céder la direction du parti à une personne susceptible de le conduire à la victoire, ou à tout le moins de sauver les meubles. Le parti et la cause avant la personne et la carrière. Non pas qu'un soi-disant sauveur pourrait faire des miracles et changer la déroute en victoire inattendue, mais du moins il pourrait bien apparaître comme une personne susceptible de redonner confiance aux troupes et de tenir un autre discours, tout en félicitant Lisée pour ses bons coups. Surtout pas une nouvelle chicane comme celle que nous vivons avec le Bloc québécois, avec démissions en bloc, lavage de linge sale en public et création d'un énième parti souverainiste. Quoi qu'il en soit, il est évident que la figure de Lisée ne passe pas ni parmi la population ni parmi les milliers de militants péquistes qui ont beau dire qu'il faut afficher une unité indéfectible, n'empêche... les sondages sont éloquents.

Que faire alors ? Il y en a qui disent qu'il faut d'ores et déjà préparer les lendemains de la défaite annoncée, avec la démission en bonne et due forme du chef et une course à la direction où apparaîtraient immanquablement les figures de Véronique Hivon, de Jean-Martin Aussant ou même celle de Pierre Karl Péladeau. Ce serait le scénario le plus plausible advenant une défaite aux prochaines élections générales.

Il y en a qui disent que Lisée doit démissionner dès maintenant sans attendre la défaite de l'automne afin de laisser au parti le temps nécessaire de refaire son unité et de se trouver un nouveau chef, quitte à ce que ce soit juste « en attendant ». Ce scénario est tout aussi possible.

Mais Jean-François Lisée semble tout aussi pugnace que Martine Ouellet. Ce qui est une qualité en soi. Il n'est pas du genre à jeter l'éponge, surtout qu'on lui oppose un adversaire QS de taille dans sa propre circonscription, avec lequel il ne lui déplaît pas de se mesurer. Renoncer à l'affrontement, ce serait passer pour « une moumoune », ce que Lisée n'est pas. Il ne plaît à personne de perdre dans l'humiliation. Je ne sais pas qui a dit qu'il faut éviter d'humilier l'adversaire lorsqu'on sent la victoire proche.

Tous les souverainistes ne sont pas membres du Parti québécois. N'empêche, le nombre de ceux qui se disent d'abord et avant tout souverainistes a diminué passablement On est désormais loin du bassin de 40% d'indéfectibles. Les moins de trente ans ne se préoccupent plus de faire du Québec un pays. Ils ont d'autres préoccupations, disent les sondeurs, ils sont rendus ailleurs, là où les questions de langue et d'identité ne se posent pas. Mystère et boule de gomme. N'empêche, cette attitude désinvolte va conduire directement à l'élection d'un gouvernement caquiste, en novembre prochain. On sera bien avancé...

Cet électrochoc va-t-il contribuer à un réalignement des forces souverainistes ? C'est aussi aux lendemains qu'il faut penser, sans négliger le combat d'aujourd'hui. Ne jamais abandonner, ne jamais s'avouer vaincu. Mais repenser tactiques et stratégies.



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