Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Jacques Lanctôt
Canoë

En mission commandée (la suite)

En mission commandée (la suite)

Photo d'archives, Chantal Poirier

Jacques Lanctôt

Il s'agit de la suite de l'étonnante conversion du journaliste Vincent Marissal, racontée sous mode docu-fiction.

Malgré les sondages qui lui sont défavorables, le Parti québécois continue d'inquiéter les tenants du statu quo. Même si le parti indépendantiste semble affaibli par des déchirements internes et par les coups de boutoir que lui portent les forces anti-indépendantistes qui font, de toute évidence, front commun contre lui, il y a toujours un risque de soubresauts, de revirements dont seuls les Québécois ont le secret. Cela s'est vu par le passé. Et avec le retour au bercail de certains moutons noirs, dont l'ex-chef d'un autre parti souverainiste et la veuve d'un ex-premier ministre - tous deux avaient claqué la porte du Parti québécois - on ne peut vraiment prédire quel bon vent favorable soufflera dans les voiles de ce parti, le seul à présenter une option souverainiste non déguisée, avec un solide programme social-démocrate tout à fait réaliste.

Alors, pourquoi ne pas y aller d'un coup fourré qui déroutera le commun des mortels, mais qui produira, à la longue, ses effets positifs, c'est-à-dire déstabiliser le parti indépendantiste et même l'étêter, car son chef pourrait fort bien perdre sa circonscription si l'ex-journaliste qui est aussi désormais ex-lobbyiste reçoit suffisamment d'appuis médiatiques. N'a-t-on pas réussi un coup fumant avec le jeune Gabriel Nadeau Dubois, qui, de brebis galeuse pendant la crise étudiante et le printemps érable, est devenu l'enfant chéri des médias? Devenu co-chef de QS, on n'a plus à le craindre, il peut jouer encore longtemps dans son carré de sable sans vraiment perturber l'ordre établi.

Au cours de cette rencontre entre le stratège du PLC et notre ex-lobbyiste prêt à tout, il est convenu que ce dernier se présentera plutôt pour le parti de gauche QS. Il sera ainsi plus utile à la cause du fédéralisme. Même s'il a déjà déclaré que la souveraineté était quelque chose de dépassé, il devra y aller d'une profession de foi tonitruante envers la souveraineté du Québec et les grands principes de gauche défendus par ce parti, même si son programme propose des solutions irréalisables, qu'il balaiera du revers de la main en répétant qu'il a toujours été de gauche et souverainiste.

La circonscription toute désignée est celle où il réside. Il n'y a donc rien de plus naturel que de chercher à s'y faire élire, même si elle est représentée par un autre homme aux idées de gauche, le chef du parti indépendantiste. Après tout, le but n'est-il pas d'en découdre avec le PQ, de l'éloigner pour un bon bout de temps du pouvoir, tout en favorisant l'élection du PLQ ou de son club-école, la CAQ. C'est de tout cela dont il a été question entre le stratège libéral et l'aspirant au poste de député QS dans Rosemont.

L'ex-journaliste, qui est habitué à obéir aux ordres de ses supérieurs, ses plus que vingt ans au service d'un employeur impitoyable l'ayant conditionné à répondre « présent! » lorsque les intérêts supérieurs de la nation canadienne sont en jeu, se lance donc dans l'arène politique. Il se rend compte soudainement qu'il ne contrôle plus la joute des questions comme auparavant, et que ses nouveaux acolytes de QS ne sont pas d'un grand secours pour le défendre des questions malicieuses des journalistes. Ceux-ci, difficiles à berner, tentent de découvrir la faille dans ce scénario un peu farfelu, mais qui risque tout de même de faire du tort au mouvement souverainiste dans son ensemble.

À vous de jouer maintenant, Luc Dionne, car la table est mise!



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