Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Agence QMI

Des messages d'espoir pour 2018?

Des messages d'espoir pour 2018?

Edward SnowdenPhoto d'archives, AFP

Il est encore temps de formuler des voeux pour la nouvelle année. Lors de ma chronique précédente, je donnais l'impression de filer un mauvais coton et je n'étais pas loin de la désespérance. Mais le désespoir, c'est comme tout le reste, ça passe, ça se dilue dans le grand magma de la vie quotidienne, entre les courses, les repas des enfants à préparer, le lavage, les bulletins de nouvelles, le pelletage (en avant, qu'il s'agisse de la neige ou des problèmes) et tutti quanti. Alors, place à l'espoir aujourd'hui!

Mais oui, l'espoir, ça doit bien exister sur cette planète Terre? Le poète chilien Pablo Neruda écrivait : « Parmi les étoiles que j'admirais/mouillées par les rivières et les différentes rosées/Je n'ai choisi que celle que j'aimais/Et depuis ce temps je dors avec la nuit. » C'est beau, non? Ça donne l'espoir d'un monde différent où l'amour serait la solution à la solitude, au mal être, et peut-être même aux guerres, qui sait?

Et Jacques Prévert vous le connaissez très certainement. Il écrivait : « Vents et marées/Au loin la mer déjà s'est retirée/mais dans tes yeux entrouverts/Deux petites vagues sont restées/Démons et merveilles/Vents et marées/Deux petites vagues pour se noyer. » Se noyer dans les yeux de l'amour, c'est sûrement vivre et revivre pour la suite du monde, parce qu'il y a l'espoir de quelque chose de meilleur que la mort à petits feux, que la démission, que la fuite en avant.

Un poète latino-américain dont j'ai oublié le nom, disait : La dignité de l'homme (ou de la femme), c'est la sincérité des passions. Dans les yeux d'une personne jeune, on y voit la flamme et dans les yeux d'une personne âgée, brille la lumière. La quarantaine, c'est la maturité de la jeunesse et la cinquantaine, c'est la jeunesse de la maturité. Il n'y a pas à proprement parler d'âge de la vieillesse. On est vieux lorsqu'on commence à agir comme un vieux. Mieux vaut donc agir comme une grande personne qui n'est pas vieille. Ça aussi, c'est un vrai message d'espoir pour 2018.

J'aimerais, en 2018, des passions au beau milieu de ma vie, des hasards et des découvertes heureuses, des fantaisies et de l'irrationnel, de l'audace qui me fera aller toujours plus loin au milieu des risques de toutes sortes, des joies après les inévitables déceptions, car déceptions il y aura à travers les inévitables désillusions. Inutiles de préciser davantage.

En fait, mon espoir pour 2018, c'est que quelqu'un ait besoin de moi. Quelqu'un qui ne soit pas mes enfants, car c'est bien connu que les enfants ont besoin de leurs parents. Non, je parle d'une autre personne, une illustre inconnue peut-être qui, pour une raison ou une autre, aurait besoin de moi (et moi, d'elle).

Et puis, tiens, une petite dernière. Qu'Edward Snowden, l'ex-consultant informatique qui a révélé au monde entier que nous étions tous surveillés par Big Brother, est toujours exilé en Russie depuis 2013. On semble l'avoir oublié. Je souhaite qu'on lui redonne sa pleine liberté de circuler à travers le monde. Car il a adressé plus de vingt-et-une demandes d'asile à autant de pays, dont la France, le « pays des droits de l'homme », et l'Espagne qui matraque les militants catalans. En bonnes républiques bananières des États-Unis, ces deux pays ont refusé de l'accueillir.



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