Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Agence QMI

Ça va mal (bis)

Ça va mal (bis)

Jean-François LiséePhoto Agence QMI, Joël Lemay

À peu près à la même date, l'an passé, j'écrivais que ça allait mal. Mal pour les forces progressistes et indépendantistes, mal pour le français, mal pour notre société, mal pour notre poids démographique au sein du Canada, mal pour notre portefeuille et notre compte en banque, mal pour le laïcisme, mal pour la gauche en général parce qu'en raison des positions dogmatiques de certains dirigeants de QS, je n'ai jamais vu autant de personnes qui disent rejeter les idées de gauche.

Nous nous contentons des petits pains, des petites tapes dans le dos, des défaites pas trop humiliantes ou de « victoires morales », et nous manquons tout simplement d'envergure. Aucun grand projet de société pour nous souder ensemble et nous faire retrouver une vraie joie de vivre. Aucun rêve de libération qui puisse mobiliser les foules et nous permettre de dire : dans un an, dans deux ans, dans cinq ans, nous serons ailleurs, nous serons un vrai pays.

Peut-être est-ce moi qui en ce moment file un mauvais coton et que ma mauvaise humeur déteint sur ce que je vois autour de moi. Peut-être est ce froid sibérien dans lequel je ne trouve aucun plaisir, je ne saurais le dire, mais j'ai beau questionner ma soeur Anne sur ce qu'elle voit venir au loin, elle ne voit rien de bon. Un gouvernement libéral qui après avoir saigné le bon peuple, commence à distribuer des bonbons pour s'assurer une place gagnante aux élections dans une dizaine de mois.

Vous vous souvenez de ce bon vieux Jack Layton ? Il nous avait émus avec sa maladie et les Québécois se sont faits avoir. Ils ont voté massivement pour le NPD, qui a relégué le Bloc québécois loin dans les coulisses du pouvoir. Les Québécois avaient voté pour des poteaux, pour des gens qui n'avaient aucune présence militante dans leur circonscription, des illustres inconnus qui n'avaient même pas cherché à se faire connaître. Faut le faire ! Comment expliquer cela ? Par une maîtrise de la chose politique, par une soudaine dévotion pour les idées de gauche du NPD ? Laissez-moi rire. Et vous croyez que cela ne va pas se répéter ? Que d'ici quelques semaines, quelques mois, va surgir un François Legault qui va émouvoir la population avec ses discours démagogiques qui disent oui et non à la fois, un politicien qui parle des deux côtés de la bouche en même temps, et la population va élire ce beau parleur qui va nous faire faire non pas du sur-place mais du avancez à l'arrière. Il va nous débarrasser des libéraux, la belle affaire, mais pour revenir sans doute au temps du Crédit social. Legault, c'est un Réal Caouette modernisé, aux goûts du jour.

Mais il semble que la population aime ça se faire enfirouaper. Moi pas. Le Parti québécois vit actuellement un état de mort à petits feux, lui qui avait longtemps représenté notre modernité, notre fierté nationale, lui qui avait incarné notre social-démocratie qui a fait l'envie des autres gouvernements à l'extérieur du Québec. Comment expliquer tant de désenchantement ?

Il faudrait demander à tous les Jean-Marc Parent du PQ qu'ils allument leur briquet à une heure donnée ou qu'ils fassent clignoter leur lumière intérieure, au propre comme au figuré, pour qu'on puisse compter nos forces, dans un premier temps, pour dire aux Québécois que les militants souverainistes sont bien présents et n'entendent pas se laisser intimider. Compter nos forces, bomber le torse, afficher sa fierté, c'est comme un vaste sondage pour dire que nous sommes toujours vivants et que nous croyons à l'avènement du pays québécois. Un vaste chantier qui sera notre fierté pour les décennies à venir.



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