Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Canoë

Perspectives électorales pour 2018

Perspectives électorales pour 2018

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L’année 2018 sera une année d’élections générales dans plusieurs pays des Amériques: Brésil, Venezuela, Mexique, Colombie, Paraguay, Costa Rica et le Québec. Gouvernement progressiste ou gouvernement de droite?

À Cuba, on doit assister à un changement de garde car Raul Castro doit laisser le pouvoir, tel qu’il l’a annoncé. L’Assemblée nationale élira, le 19 avril, son successeur, celui ou celle qui dirigera le pays pour les prochaines années. Une transition en douceur, sans bouleversement, mais qui mobilisera tout de même l’attention internationale. L’actuel vice-président, Miguel Diaz-Canel, semble être le favori. J’ai dit aussi « celle » car j’ai pensé un temps à la fille de Raul, la sexologue Mariela Castro Espin, à qui ont doit bien des mesures d’avant-garde. Aussi à Josefina Vidal Ferreiro, la directrice de la section américaine au ministère des Relations extérieures de Cuba, qui a conduit avec beaucoup de doigté le dossier de l’ouverture des relations avec les États-Unis et aussi celui de l’épineuse question des soi-disant attaques acoustiques à l’ambassade américaine de La Havane. Deux femmes brillantes.

Au Brésil, le géant de l’Amérique latine, on dit que Lula a de bonnes chances de l’emporter et il est déjà le favori dans les sondages. On saura en janvier si le tribunal maintient la condamnation à neuf ans et demi de prison ou l’absout des accusations de corruption. Une victoire du Parti des Travailleurs de Lula influencera immanquablement les électeurs des pays voisins.

Au Venezuela, tout indique que Maduro, l’actuel président, sera réélu, après la victoire éclatante aux élections municipales où le parti chaviste a remporté 19 des 23 postes de gouverneurs et 92% des mairies du pays, lors de deux scrutins différents. Le gouvernement Maduro devra marquer des points sur le plan économique et contrer définitivement les tentatives de sabotage auquel se livre, depuis plusieurs années, une droite divisée mais prête à tous les coups bas.

Au Mexique, qui doit voter le premier juillet, la partie se jouera surtout entre le nouveau candidat du PRI, un bureaucrate méconnu qui succède à Peña Nieto qui ne peut se représenter, et le candidat de la gauche Andrés Manuel Lopez Obrador, surnommé AMLO. Aux élections présidentielles de 2006, AMLO était passé à un cheveu d’être élu aux termes d’élections marquées par de nombreuses fraudes. Cette fois-ci, le candidat de gauche a de bonnes chances de l’emporter, ce qui changerait considérablement la donne dans les relations entre le Mexique et les États-Unis.

Le Colombie est également un autre enjeu important où les forces de gauche et de droite s’affronteront. Surtout que pour la première fois, le parti de la guérilla des FARC, qui ont déposé les armes, après plus d’un demi-siècle de lutte armée et trois ans de négociations ardues à La Havane, se présentera aux élections, le 27 mai. La paix négociée ne fait pas l’accord de tout le monde, de nombreuses poches de résistance demeurent aussi bien parmi les ex-guérilleros que les paramilitaires, et le nouveau président aura la lourde tâche de faire respecter les accords de paix. Pour l’instant, bien malin celui qui pourrait prédire le résultat du scrutin, car la gauche ne présente pas de front uni alors que la droite marche en rangs serrés derrière deux anciens présidents, Alvaro Uribe et Andrés Pastrana.

Si au Paraguay, la gauche a quelques chances de remporter les élections en affrontant un candidat lié à l’ex-dictateur Alfredo Stroessner, au Costa Rica, la division du vote entre 13 candidats risque fort de profiter à la droite musclée.

Reste la grande inconnue : le Québec. Pour l’instant, les deux partis de droite et fédéralistes, le PLQ et la CAQ, semblent dominer dans les intentions de vote. C’est le vote pépère et conservateur. Le Parti québécois n’a plus que 10 mois pour reprendre la tête et convaincre un électorat volatile qu’il représente la vraie solution pour un Québec libre et prospère. Il doit chercher à unir la droite et la gauche en formant, s’il le faut, un « front ample », à l’image de certaines formations latino-américaines, pour penser former le prochain gouvernement et préparer dès lors les conditions pour un référendum gagnant.

L’exemple catalan doit servir de leçons. Pour réaliser l’indépendance de la Catalogne, les forces de gauche, de centre et de droite se sont unies pour former le gouvernement. Il ne sert à rien de convaincre la direction de QS de former une alliance stratégique avec le grand parti indépendantiste. QS a déjà fermé la porte à toute alliance avec ce parti qu’il rêve de supplanter d’ici les... cinquante prochaines années. Il faut plutôt viser l’électorat jeune, sensible aux idées de solidarité, de partage et de protection de l‘environnement. Sans l’appui de la jeunesse, le PQ ne peut penser remporter les élections. Il est rassurant de penser qu’un gouvernement du Parti québécois ne ferait pas l’affaire ni de Justin Trudeau ni de Donald Trump. Quant à GND...

Bonne année 2018!



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