Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Agence QMI

Reprenez le leadership, M. Lisée!

Reprenez le leadership, M. Lisée!

Jean-François Lisée PHOTO AGENCE QMI, JOËL LEMAY

Le spectacle que nous offrent les différents partis politiques aussi bien québécois que canadiens ou même américains, puisque telle est notre réalité nord-américaine, est des plus désolants. On a l'impression d'assister à une mauvaise pièce de théâtre jouée et rejouée depuis des années, sans âme, sans passion. Pas étonnant que le taux de participation est si bas au moment de voter.

Actuellement, le devant de la scène est occupé par la Coalition avenir Québec et le Parti de la corruption, le Parti libéral du Québec, qui se disputent l'accès au micro, quitte à dire les pires âneries. Le Parti québécois, lui, semble pour l'instant relégué dans les coulisses et plus d'un se demande ce qu'il fabrique en jouant les timorés, comme s'il avait le tract ou était en panne de réparties. Quant à Québec solidaire, il donne l'impression d'aller dans tous les sens, avec ses deux têtes. L'un invite chez lui le grand ténor de la gauche française, Jean-Luc Mélenchon, celui qui donne un bon show à tout coup et qui parle enfin des « vraies affaires », mais finalement la vedette se désiste au dernier moment. Une scène plus importante que celle de QS lui est offerte. Zut de zut! L'autre, en déficit d'attention médiatique, lance des ballons d'essai, en surfant sur la dernière lubie de l'heure qui circule dans de petits cercles pour initiées. Pour paraphraser Umberto Eco, les partis politiques sont devenus « des taxis où montent un chef, démago ou mafieux, qui contrôlent les votes, les choisissant avec désinvolture selon les opportunités qu'ils offrent ».

Madame Lemay de Saint-Hyacinthe et M. Tremblay de la rue Panet à Montréal ne se demandent pas si le mot patrimoine a une connotation machiste ou sexiste (quel délire!), ce qu'ils veulent, c'est du beurre sur leurs rôties, comme on dit, ce qu'ils veulent, c'est un travail digne avec un revenu qui leur donne accès aux services et aux loisirs, des logements décents, un accès facile aux services de santé pour leur petite famille, des écoles qui respirent le bonheur avec des professeurs heureux d'enseigner leurs matières et secondés par du personnel spécialisé. Et ils veulent vivre en français chez eux. Ce qui ne veut pas dire que madame Lemay et monsieur Tremblay ne se préoccupent pas des questions d'environnement ou des menaces d'une guerre nucléaire et qu'ils n'ignorent pas que les riches sont de plus en plus riches. La misère des pauvres n'empêche pas une prise de conscience.

Mais le populisme ambiant, à droite et à gauche, a relégué ces préoccupations « trop terre-à-terre » loin derrière. Pourtant, le Parti québécois rate une belle occasion de reprendre le leadership en matière de revendications sociales, qui furent longtemps son cheval de bataille avec le projet indépendantiste.

N'est-ce pas le Parti québécois qui avait mis en oeuvre le programme audacieux d'aide aux jeunes familles, en accordant une allocation spéciale aux mariages étudiants et des primes au deuxième et au troisième enfants? Ma fille s'est mariée dans ces conditions, étant elle et son mari étudiants universitaires. Ils sont encore ensemble vingt-cinq ans plus tard. Avec leurs quatre enfants, ils ont pu fonder une famille heureuse, grâce à cette reconnaissance pécuniaire offerte par le gouvernement. Lorsque je vivais en France, nous étions considérés « famille nombreuse » avec nos trois enfants et nous avions droit à toutes sortes d'aides fort généreuses. Grâce à cette reconnaissance bien méritée, nous pouvions vivre dignement, malgré notre statut précaire d'exilés.

Monsieur Couillard est vraiment à côté de ses pompes lorsqu'il ridiculise François Legault qui cherche le moyen d'aider les familles nombreuses. Legault vise juste, cette fois-ci, en encourageant la natalité par des aides ponctuelles. Seuls ceux qui peuvent s'en passer, seuls ceux qui ont des revenus supérieurs, trouvent cette proposition passéiste, comme le fait le premier ministre du Québec. Encore une fois, le Parti québécois rate une belle occasion de se mettre de l'avant en rappelant qu'il avait été à l'origine de ces mesures d'aides aux familles.



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