Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Jacques Lanctôt
Canoë

En avoir ou pas!

En avoir ou pas!

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Jacques Lanctôt

Voilà ce qui s'appelle avoir de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, pour reprendre la célèbre maxime de Danton. Quand on veut réellement vaincre l'ennemi, il n'y a pas d'autres solutions. Le parlement séparatiste de Barcelone (« séparatiste », c'est le terme utilisé par les agences de nouvelles, et ça n'a pas la connotation péjorative qu'on veut lui donner ici!) a décidé d'aller de l'avant en décrétant la tenue d'un référendum sur l'autodétermination de leur pays d'ici quelques semaines.

Tous les Philippe Couillard espagnols, tous les Stéphane Dion espagnols, tous les Justin Trudeau espagnols n'y pourront rien contre la volonté du gouvernement et de la population catalane d'aller de l'avant et de faire fi des menaces du gouvernement central espagnol.

Les menaces d'illégalités lancées par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy n'y feront rien, le référendum aura bel et bien lieu, au nom du droit des peuples à décider de leur avenir. Ce même Rajoy a convoqué le Tribunal constitutionnel pour faire déclarer illégale et anticonstitutionnelle la tenue de ce référendum prévu pour le 1er octobre, avant même de connaître les résultats du vote. Pourtant, cette convocation référendaire a reçu l'approbation d'un autre gouvernement tout aussi souverain, celui de la Catalogne. C'est comme si Ottawa déclarait illégale une loi adoptée par l'Assemblée nationale du Québec et demandait à la Cour suprême de l'appuyer dans sa démarche. Et pour mieux se prémunir contre de telles menaces, contre de telles condamnations, le gouvernement catalan a instauré un « régime juridique exceptionnel » qui prévaudra sur toutes décisions qui pourraient être prises par le gouvernement central à l'encontre de la volonté souveraine des Catalans. Une sorte de clause dérogatoire, en somme. C'est tout à fait audacieux.

Alors qu'ici, deux des trois partis fédéralistes du Québec, le PLQ et la CAC, sont aux prises avec des problèmes d'éthique à ce point graves qu'ils doivent renvoyer chez eux leurs candidats qui se présentaient à l'élection partielle dans Louis-Hébert, force est d'admettre qu'on fait dur. Messieurs Couillard et Legault, vous nous faites honte avec vos magouilles politiques qui demeurent au ras des pâquerettes. Vous n'avez aucune audace, aucune fierté et vous vous comportez comme des gérants d'estrade, des boss de bécosses, des dirigeants de province.

Nous voulons un pays qui sera à notre image, intègre, ouvert, joyeux, culturel, solidaire et fier, où le partage sera la règle, pas la tricherie, l'intimidation, le chantage, la magouille, la corruption, la mesquinerie et les retours d'ascenseur.

Le Parti québécois, à la veille de son congrès national, a tout intérêt à s'inspirer de l'audace de nos confrères catalans, pour oser et inventer un processus d'accession à l'indépendance qui refuse la peur devant les menaces de nos ennemis fédéralistes et ceux qui les supportent dans les médias à leur solde. Rien de mieux qu'un exemple positif et victorieux pour nous inspirer et repousser certaines frontières.

Trop souvent nous avons préféré faire du surplace pour ne pas nous attirer les foudres de ceux qui veulent nous maintenir dans le carcan fédéral. Nous avons entre nos mains tout ce qu'il nous faut pour agir. Si nous arrêtons d'avoir peur, si nous montrons aux Québécois que nous pouvons vaincre, de multiples façons, que nous pouvons nous débarrasser une fois pour toutes de ce régime de corruption, peut-être réussirons-nous à avoir aux prochaines élections un gouvernement souverainiste majoritaire qui pourra d'ores et déjà mettre en place les mesures d'accession à notre indépendance.



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