Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Agence QMI

Immigration illégale

Immigration illégale

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Je pense représenter humblement une bonne partie de la population du Québec. Un genre de Monsieur Toutlmonde. Je n'aime pas voir des êtres humains souffrir. Nous sommes sensibles à la douleur des autres, quels qu'ils soient, d'où qu'ils viennent et peu importe leurs opinions politiques. Cela s'est vu lors de plusieurs vagues migratoires précédentes, des Vietnamiens fuyant l'arrivée des communistes à Saïgon comme des Chiliens fuyant la dictature militaire fasciste de Pinochet. Je ne veux pas dire que cela ne s'est pas fait sans heurt et sans douleur mais les incidents furent peu nombreux et vite réglés.

Avec l'arrivée chaque jour plus importante d'immigrants haïtiens au Québec, la situation se présente différemment. Ces candidats à l'immigration n'arrivent pas d'une zone de guerre, ils fuient l'administration erratique du président des États-Unis, Donald Trump, qui menace de mettre fin à leur visa de résidence temporaire.

Récemment, l'ex-première ministre Pauline Marois s'est exprimée sur les ondes de Radio-Canada. Elle se disait outrée de voir les réactions de plusieurs Québécois face à cette crise migratoire. Je pense qu'elle n'a pas à l'être, ni à nous faire sentir coupables de quoi que ce soit. Elle se trompe de cible, très certainement. Elle devrait plutôt être en colère contre le président du pays le plus riche du monde qui menace d'expulser des hommes et des femmes qui ont été accueillis il y a quelques années pour des raisons humanitaires. Car de quelles réactions s'agit-il au juste ? On veut tout simplement que ces demandes d'immigration soient faites dans un cadre légal prévu à cet effet, comme pour tous les autres candidats à l'immigration. Que le maire Coderre se pète les bretelles en affirmant que Montréal est capable d'en prendre n'arrangera pas les choses et relève de l'inconséquence crasse. Il a toujours eu cette propension à la surenchère. On l'a vu avec la course de voitures électriques dans les rues de Montréal. La population était capable d'en prendre, disait-il sur le même ton, oui mais cet événement a laissé un goût amer.

À force de nous faire sentir coupables, on va finir par nous enlever tout élan spontané de générosité. Nous n'avons pas peur de l'immigration, nous l'avons maintes fois prouvé par le passé. Mais nous ne voulons pas nous retrouver avec des problèmes semblables à ceux qu'ont connus l'Italie et l'Allemagne, pour ne mentionner que ces deux cas.

Une semaine à La Havane

Rien à voir avec ce qui précède, si ce n'est le bon maire Coderre et quelques considérations géographiques. Je dirais donc : rien de mieux pour oublier les cônes orange et chasser la déprime post grand prix de la voiture électrique que de passer une semaine à La Havane. Cuba, c'est juste à côté d'Haïti, je dis ça comme ça en passant.

Louer un petit appartement confortable, avec eau chaude, une chambre ou deux, et tout meublé coûte environ 30 pesos convertibles (cuc), soit environ 40$ par jour. Pour ce prix, on peut se balader dans les rues sans problème, flâner dans la Vieille Havane, s'asseoir à des terrasses pour tâter le pouls de la ville, prendre « una maquina », une sorte de vieille voiture rafistolée qui sert de taxi pas cher et qui vous emmène près de l'endroit où vous voulez aller pour à peine 0,50$, pourboire compris. Cela vous donne l'occasion de rencontrer toutes sortes de personnes qui voyagent de cette façon car le taxista peut faire monter deux autres personnes à l'avant et jusqu'à quatre personnes à l'arrière. Ça roule sans embouteillage et pas besoin de M. Circulation pour dire à votre chauffeur quelles rues ne pas prendre.

Vu à la télévision cubaine cette semaine le gala d'inauguration de la Série nationale de baseball. Ce qu'on appelle une fête populaire. C'est Coderre qui devrait venir y suivre des cours 101. Avec du vrai monde par milliers dans les gradins, avec une température de 33 degrés, et sur la pelouse, des mascottes, des danseurs et danseuses costumés, des « peloteros » en uniforme, des enfants aussi, ça, à Cuba, les enfants on ne les oublie jamais, tout ce beau monde se trémoussant sur les chansons de Candido Fabré, un chanteur très apprécié, genre Paul Piché « clean cut », qui en profite pour faire l'éloge de Fidel. Connaissant un peu le répertoire de ce chanteur, je sais que personne ne l'a obligé à le faire. Mais ça, c'est Cuba immuable, qui ne bougera d'un cran devant les menaces des États-Unis qui n'ont pas compris encore que plus on les menace, les Cubains, plus ils se raidissent. Un peuple fier comme celui-là, c'est ce que je voudrais pour le Québec.

Alors, il reste de la place. Ce qui ne signifie pas : dépêchez-vous avant que Cuba change. Cuba ne changera pas, du moins pas dans le sens d'ouvrir prochainement des McDonald's un peu partout.



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