Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Canoë

Chronique de fin (?) d'hiver avec une finale politique

Chronique de fin (?) d'hiver avec une finale politique

Photo Archives / Agence QMI

Bon, il fallait bien que je me décide à mettre le nez dehors. Depuis la tempête de neige de mardi dernier, je n'avais pas bougé d'ici. C'était ma semaine de garde, j'avais les enfants avec moi, et en fin de journée, un courriel de la commission scolaire de Montréal annonçait que le lendemain, mercredi, toutes les écoles seraient fermées (la CSDM a été plus rapide que le ministère des Transports à prévoir le désastre annoncé!). Yeah! ont crié à l'unisson mes deux flows.

Le lendemain, jeudi, c'était une journée pédagogique et comme je ne les avais pas inscrits aux activités de cette journée, ils demeureraient donc encore avec moi à la maison. Deux jours enfermés dans la chaleur du foyer, car je ne suis pas adepte des sports d'hiver, et encore moins du pelletage. Nous nous sommes raconté des histoires, avons joué aux cartes et je leur ai lu quelques livres. Secrètement, je me disais que ce sont pendant des jours sombres comme ceux-ci que les gens pensent le plus à se suicider, tellement découragés que nous sommes d'avoir à supporter ce dernier (?) sursaut d'un hiver qu'on croyait mort et enterré jusqu'à l'année prochaine.

Je dis «jours sombres», malgré le soleil et la blancheur de la neige (heureusement), car pour moi, cette nouvelle bordée de neige a eu un effet traumatisant, voire morbide. Le pire était à venir, car je n'avais pas encore mis le nez dehors, je m'étais contenté d'observer le désastre blanc à travers les fenêtres seulement. Il a bien fallu que je me décide à sortir, pour déneiger l'auto, et surtout pour me creuser un chemin jusqu'au trottoir.

La catastrophe! Mon auto était devenue invisible, on ne la reconnaissait que par les deux petits miroirs latéraux, le reste étant enseveli sous la neige. Moi, le vieux routier, je ne savais pas par où commencer, et pourtant j'en ai des hivers derrière moi. J'ai dû mettre un bon deux heures à me frayer un chemin en creusant une tranchée d'un mètre, puis à défaire ce que le vent et la nature avaient construit durant cette nuit de furie, entrecoupées de pauses de quelques minutes pour reprendre mon souffle et reposer mon dos. Bien sûr, mon drame personnel n'est rien en comparaison de celui qu'ont vécu les quelques centaines de personnes prisonnières du froid et de la neige sur une autoroute urbaine, mais d'y penser n'atténue en rien mon désarroi. J'en peux plus! Quand je pense que toute cette neige blanche deviendra grise dans quelques jours puis se transformera en gadoue, en «slotche» affreuse, j'ai le goût de partir vers des cieux plus cléments où jamais il ne neige.

Le bon côté de cette tempête, c'est que ça nous permet de découvrir enfin nos voisins et de mettre en pratique nos idéaux de solidarité et d'entraide. Pendant ces deux heures de pelletage, j'ai été amené à prêter main forte à trois personnes qui peinaient à sortir leur auto de leur emplacement glacé. Parfois nous étions jusqu'à quatre à pousser par en avant puis par en arrière pour sortir une auto de sa fâcheuse position. Je me disais alors qu'il y avait de l'espoir. Les Québécois ne se font jamais prier pour aider leur prochain. Pourquoi ne pas appliquer ce principe au monde politique? Et comme dirait comme Honoré Mercier, cet ex-premier ministre du Québec: «Cessons nos luttes fratricides! Unissons-nous!» Ce que GND doit apprendre en se lançant en politique. Il n'y a pas de saison pour l'union et l'entraide.



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