Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Woo les moteurs!

Chronique - Woo les moteurs!


Jacques Lanctôt

Je n'en peux déjà plus du discours langue de bois du leader de l'ASSÉ, Jérémie Bédard-Wien. Et je m'ennuie de plus en plus de Gabriel Nadeau-Dubois, qui savait au moins dire des choses sensées et avec les mots qu'il faut. Rendez-le-nous au plus vite et, s'il vous plaît, coupez le micro de temps en temps à JBW, ce porte-parole aux allures soviétiques, ce serait lui rendre sérieusement service, le temps qu'il fasse ses classes, se réécoute à l'occasion et rectifie le tir. N'y a-t-il pas un professeur de science politique de l'UQAM pour lui enseigner, entre deux points de presse, à faire la révolution sans mettre les nerfs en boule des sympathisants?

Je suis d'accord avec la gratuité scolaire. En Argentine, dans la ville de Cordoba plus précisément, on a proclamé l'université libre et gratuite dès 1917. Et cela a continué jusqu'à aujourd'hui malgré les dictatures militaires. La gratuité devrait être également possible ici et maintenant. L'accès à l'université devrait être garanti pour tout le monde, c'est-à-dire pour tous ceux qui veulent étudier, créer, apprendre, connaître, découvrir et s'éduquer.

Je suis contre la violence policière, je l'ai répété ici et ailleurs, et je suis pour qu'on enquête sur les agissements des différents corps policiers lors du printemps érable, l'an dernier, pour qu'on condamne les coupables et pour que cette violence ne se répète plus jamais.

Je crois toujours en un Québec libre et solidaire, débarrassé de ses requins véreux et émancipé enfin de ses thuriféraires fédéraux, où les besoins de la majorité de la population seraient satisfaits dans la dignité et je ne pense pas que le système capitaliste et néo-libéral actuel nous permettra de réaliser ces rêves.

Je pense que le sommet sur l'enseignement supérieur, organisé par le gouvernement du Parti québécois, a permis d'avancer, d'amorcer un dialogue qui n'existait pas auparavant et qu'il valait la peine de s'y consacrer. Les représentantes étudiantes de la FEUQ et de la FECQ ont fait preuve de beaucoup de professionnalisme et de sérieux, on a appris à mieux connaître leurs revendications et elles se sont construit un beau capital de sympathie pour les luttes futures.

Le gouvernement du Parti québécois a fait la preuve qu'il est capable de gouverner et il a fait mentir les prophètes de malheur du Parti libéral, de l'ADQ et de Québec solidaire qui prédisaient le pire et qui n'y voyaient qu'un vulgaire exercice de relations publiques. Je ne suis pas d'accord avec le refus du gouvernement Marois de geler les frais de scolarité mais on peut vivre avec pour l'instant, comme on dit. Peut-être qu'un futur gouvernement péquiste majoritaire adoptera des mesures radicales, sans craindre d'être renversé, rétablira la taxe sur le capital sur les banques comme le préconisait Jacques Parizeau, faira la lutte aux paradis fiscaux et récupérera ainsi les millions nécessaires pour financer la gratuité scolaire. Du moins, on pourrait tous l'exiger ensemble, dans les débats et dans la rue s'il le faut, et le PQ n'aurait plus l'excuse d'être minoritaire.

Mais, de grâce, arrêtez de brandir la menace d'un soulèvement populaire comme le fait JBW de l'ASSÉ, qui affirme par la même occasion que les étudiants n'ont plus le choix désormais parce que madame Marois les a trahis. Comment peut-elle les avoir trahis s'ils ne l'ont jamais crue? Mettons fin à ces appels au peuple pour qu'il renverse ce gouvernement. Il ne s'agit pas d'un soulèvement populaire. Mardi dernier, le peuple n'est pas descendu dans la rue, même si JBW a vu une maman avec une poussette dans la manif. Le peuple est une notion nébuleuse qui n'appartient pas à l'ASSÉ. Et puis il est trop facile de pratiquer l'amalgame, le contraire d'une opinion nuancée, en associant bêtement le PQ au Parti libéral ou au fascisme.


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