Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Une sorte de bilan (deuxième partie)

Chronique - Une sorte de bilan (deuxième partie)

Jacques Lanctôt


Jacques Lanctôt

Bien sûr, il y a encore cette cupidité de l'homme qui fait des ravages énormes et elle semble en hausse ces temps-ci avec les révélations de la commission Charbonneau. Toujours ce désir d'en avoir un peu plus, de posséder davantage, sans égard pour ceux qui paient la note, les contribuables, les utilisateurs des services publics. Et on n'hésite pas à soudoyer, à casser des jambes et à tuer pour s'approprier ce surplus qui va permettre d'asseoir son pouvoir.

Cela aussi n'a guère changé, et les plus vieux se rappellent de toutes les autres commissions d'enquête sur le crime organisé et la corruption qui se sont tenues antérieurement. «Il n'y a que les noms qui ont changé», entend-on dans la rue.

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Bien sûr, le Parti québécois, qui vient d'être porté au pouvoir, a dû mettre de l'eau dans son vin parce qu'il n'a pas la majorité à l'Assemblée nationale. Ils sont nombreux, les sceptiques, les «jamais contents», les jusqu'au-boutistes à le dénoncer parce qu'il n'a pas respecté certaines de ses promesses grâce auxquelles il s'est fait élire. «Ce sont des politiciens comme les autres», «ils nous ont menti comme ceux qui les ont précédés», «plus ça change, plus c'est pareil», etc.

Toujours cette manie de l'amalgame, de tout mettre dans le même panier, de refuser l'analyse concrète d'une réalité complexe. Peut-on donner une chance aux coureurs avant de les condamner? Si le conflit étudiant s'est transformé en conflit social, c'est qu'une bonne partie de la population en avait ras-le-bol de la corruption et du gouvernement Charest. Et ce ras-le-bol s'est exprimé lors des dernières élections.

La politique, c'est parfois un pas en avant et deux pas en arrière, mais c'est aussi et souvent deux pas en avant et un pas en arrière. Sinon, on prend les armes, jusqu'à la victoire ou la défaite finale. Québec solidaire a beau jouer les fanfarons avec son programme plus-que-parfait, il n'est pas au pouvoir et je doute fort qu'il le prenne dans la prochaine décennie. De toute façon, il n'a pas inventé le bouton à quatre trous et il serait aux prises avec les mêmes contingences s'il dirigeait le gouvernement.

Mais moi, je suis loin d'être un «jamais content», et je suis, en général, porté à voir le verre à moitié plein. Je suis un optimiste ascendant pessimiste, si on peut dire, je n'ai jamais cessé de croire en mes rêves, même les plus fous. Aussi, je dis que le monde change pour le mieux et qu'on commence à voir la petite lumière au bout du tunnel. La science médicale a réussi à dompter plusieurs maladies, l'espérance de vie augmente et notre rêve d'avoir un vrai pays à nous, qui s'appelle Québec, se rapproche un peu plus. Ce jour-là, nous pourrons ajouter notre grain de sel en participant à notre façon au mieux-être des nations.

Il est presque certain que le gouvernement péquiste minoritaire sera défait au cours de 2013 et qu'il y aura de nouvelles élections. Il faudra, cette fois, que le Parti québécois obtienne une majorité afin de pouvoir réaliser ses promesses. L'unité des forces souverainistes est plus que jamais à l'ordre du jour. Je suis persuadé que nous finirons par l'avoir, notre vrai pays, au cours des prochaines années, quoi qu'en pensent les sceptiques et les prophètes de malheur.

«Perdu au fond des tripes, entêté jappant sans cesse le cri bêlant d'un pays à naître.» (Gérald Godin).

Bonne année 2013!


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