Jacques Lanctôt

Chronique de Jacques Lanctôt

Qu'on nous rembourse!

Chronique

 


Jacques Lanctôt

J'ai été propriétaire d'une maison de 1985 à 2007, année où j'ai fait faillite et tout perdu. Quand je dis propriétaire, je ne parle pas d'une maison à revenus, une maison où il est possible de spéculer et de s'enrichir. Non. J'habitais tout simplement l'appartement que je possédais et je payais à la banque, chaque mois, mon hypothèque et, chaque année, mes taxes scolaires et municipales.

Aujourd'hui, je suis redevenu locataire et chaque année, ma propriétaire augmente mon loyer non pas parce qu'elle a effectué dans mon logement des améliorations locatives mais tout simplement parce que les taxes municipales augmentent sans bon sens tous les ans. C'est du pareil au même.

Lorsque j'étais propriétaire, je rechignais toujours lorsque venait le moment de payer mes taxes. Bien sûr, le bon maire expliquait aux cons de payeurs que nous étions pourquoi les taxes avaient été augmentées. Il parlait de l'augmentation du rôle municipal ou de l'évaluation foncière, de la sécurité publique, des charges qui augmentaient, des salaires de ses employés, des grands chantiers et travaux entrepris pour améliorer soi-disant la qualité de vie des citadins, comme ces trous béants dans les rues, comme autant de plaies saignantes, où l'on enfouissait de nouveaux égouts et de la garnotte nouvelle à prix d'or. Le maire disait qu'on pouvait toujours contester cette augmentation de taxes mais qu'il fallait se baser sur des comparables, c'est-à-dire sur le prix des ventes de maisons aux alentours de la mienne, et comme les prix ne cessaient de grimper, il semblait très peu probable que quelqu'un puisse avoir gain de cause devant la grosse machine municipale.

Alors, les cons de payeurs que nous étions n'avaient guère le choix et ils payaient leur «juste part» à l'administration municipale. Cela représente, pour moi seulement, sans parler des autres, propriétaires comme locataires, beaucoup d'argent sur une période de plus de 20 ans. De l'argent qu'on m'a littéralement volé. J'ai payé en taxes, pendant toutes ces années, plus de 30% de ce que j'aurais normalement dû payer. Trente ou trente-cinq pourcent qui est allé dans les poches de malfaiteurs organisés: politiciens véreux, hauts fonctionnaires véreux, entrepreneurs véreux et sans scrupules, sans parler de la cote part versée à la mafia.

Combien de personnes se sont vues dépossédées de leur maison parce qu'elles étaient incapables de payer leurs taxes municipales? Cela doit se savoir. Combien sommes-nous à avoir payé en trop pour enrichir tous ces profiteurs?

Nous avons été trompés malicieusement et intentionnellement, comme la commission Charbonneau le prouve actuellement - et les égouts, ce n'est que la pointe de l'iceberg, parce qu'on n'a pas encore abordé le pavage et l'asphaltage, les trottoirs, les eaux et aqueducs, l'électricité, la collecte et l'enfouissement des ordures, le déneigement, les parcs et l'environnement paysager, l'immobilier, etc. Si nous n'exigeons pas d'être remboursés, c'est comme si nous acceptions de faire partie de cet engrenage, c'est comme si nous étions complices des mafieux et acceptions benoitement de payer notre cote part au crime organisé.

Si nous ne voulons pas être complices de ce système de corruption et de collusion, nous devons entreprendre un recours collectif contre tous ces criminels en cravate responsables de ces vols. Cela est chiffrable et il est possible de le calculer. Moi, j'ai conservé tous mes relevés de taxes et pour ceux qui les ont jetés, cela doit pouvoir se trouver dans les archives de la ville de Montréal. Quel avocat osera se mettre à la tâche? Devra-t-on sortir de nouveau nos casseroles?

Moi, individuellement, je refuse d'être complice et j'exige d'être remboursé. Cela ne me rendra pas ma maison mais j'aurai au moins la satisfaction de savoir que les responsables auront été sanctionnés, au même titre que l'ont été les Earl Jones et les Vincent Lacroix.

Pas vous?


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