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Chronique

Vive Facebook!

Agence QMI 
15/06/2012 10h18 
 
 
Chronique - Vive Facebook!
 

Depuis le début de la grève étudiante, il y a une centaine de jours, j'ai progressivement abandonné la lecture des grands quotidiens, sauf pour Le Devoir. Ce journal, sauf pour les inepties de Denise Bombardier, a toujours su conserver un sens critique face aux politiques gouvernementales et aux tactiques policières, en publiant de très bonnes analyses et en donnant majoritairement la parole aux indignés. Même son photographe s'est fait rentrer dedans par la cavalerie de la police.

Je me suis inscrit, non sans rechigner, sur Facebook, parce que mes enfants et ma blonde m'ont convaincu de le faire. Je ne voyais pas l'utilité d'être présent sur ce média social, comme on dit. Il me semblait que j'avais tout ce qu'il faut autour de moi pour me nourrir intellectuellement et assouvir ma soif de connaissance et de nouvelles fraîches pour mieux suivre l'actualité et la commenter publiquement une fois par semaine.

Mais avec la transformation de la grève étudiante en véritable crise sociale, j'ai senti le besoin de me protéger et de fuir ceux qui, par leurs propos haineux, violents, caricaturaux, contraires à l'éthique et à mes idéaux, risquaient de me blesser inutilement et de me distraire.

C'est à ce moment que j'ai découvert que Facebook pouvait m'être d'une grande utilité. J'ai agrandi quelque peu mon cercle d'«amis», en acceptant des demandes d'amitié de personnes que je croyais être en mesure de m'aider et m'appuyer, de sorte qu'avec la centaine de personnes qui sont inscrits sur ma liste aujourd'hui — personnes que je n'ai jamais rencontrées pour la plupart —, je peux facilement me faire une idée de ce qui se passe ici et ailleurs.

C'est que ces amis extraordinaires m'envoient un nombre incroyable de textes, qu'ils ont sélectionnés en effectuant un premier tri parmi les articles, les chroniques, les opinions, les bulletins de nouvelles qui se publient dans les différents médias et cela me donne une ample vision de l'actualité. À mon tour, je partage les nouvelles que je juge importantes, et ainsi de suite, sans vraiment savoir où cela peut s'arrêter. Ça me semble une chaîne infinie.

Je peux dire que je suis entouré d'une communauté de gens — combien exactement? je ne le sais pas, mais cela doit représenter beaucoup de gens, j'imagine, s'il faut tenir compte des milliers de signatures qui accompagnent souvent les nombreuses pétitions circulant sur Facebook — qui pensent plus ou moins comme moi en ce qui concerne les grandes lignes de la vie politique québécoise : l'indépendantisme et la souveraineté, la justice sociale, la condamnation des violences policières et des politiques antidémocratiques du gouvernement Charest, le rejet de la démagogie, de l'hypocrisie, de la malhonnête intellectuelle et de l'amalgame comme armes de destruction massive des opposants politiques, l'espoir d'un monde meilleur fondé sur la solidarité, une plus juste répartition de la richesse où les mieux nantis paieraient enfin leur juste part, le respect de l'environnement, etc.

Cela ne signifie pas qu'il y a unanimité sur tous les sujets, loin de là, mais, au moins, je ne me sens plus seul dans mes grands choix de société et cela est bénéfique pour mon moral et ma santé.

Se sentir appuyé par une communauté de militants de l'égalité, cela donne des ailes, donne le goût de survivre à la violence policière et à la démagogie du régime Charest, et de changer le désordre actuel. De plus, ce réseau Facebook me relie au reste du monde, du moins une partie de ce monde qui partage plus ou moins mes rêves. C'est déjà beaucoup.

Toutes ces discussions, tous ces échanges à petite ou grande échelle donne une « idée de ce qu'on veut faire de notre Québec », pour reprendre l'expression de Jacques Parizeau.

Je pense que les Québécois ne verront plus jamais l'actualité de la même façon. Ils ont pris goût à la démocratie directe qui s'exprime bien souvent dans la rue, quoi qu'en pense le médiocre premier ministre. Quant aux étudiants, ils ont plongé dans un bain de politisation comme jamais auparavant. Ils ont pris de la maturité. J'ai pleinement confiance en l'avenir.

 
 


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