Que craint-on réellement des citoyens indignés? La violence ou leur rejet de plus en plus accentué des politiques néo-libérales, avec la corruption quasi généralisée (garderie, construction, équipements sportifs, Caisse de dépôt, gisements miniers et pétroliers à l'Île d'Anticosti, cocktails et petits-déjeuners réunissant des membres du gouvernement et des personnes connues du milieu interlope et de la mafia, etc.), les baisses d'imposition et autres allègements fiscaux accordés aux entreprises compensées par des hausses de tarifs tous azimuts (électricité, taxe de vente, cotisation santé, permis de conduire, taxe sur les carburants, taux d'imposition des particuliers, etc.), l'absence d'appels d'offres dans plusieurs projets publics, le patronage dans l'attribution des places de garderie (on a appris, jeudi, qu'un entrepreneur spécialisé dans l'abattage des bovins avait justement obtenu des permis de garderie après avoir cotisé généreusement à la caisse du Parti libéral), le passage éhonté au secteur privé de plusieurs hauts fonctionnaires liés au parti au pouvoir et même de certains ex-ministres, favorisant ainsi les retours d'ascenseur et l'octroi de juteux contrats, la mauvaise gestion des finances publiques, entre autres dans les universités, les hôpitaux, les commissions scolaires?
Il est de plus en plus évident que le régime Charest craint les citoyens en colère de son propre pays, et c'est pour cette raison qu'il a décidé d'emprisonner ceux qui le contestent en descendant dans la rue, malgré l'absence de violence dans la majorité des cas. Résister est devenu, avec la Loi 78, un acte illégal.
Le gouvernement Charest, sans qu'un seul député de ce parti au pouvoir n'ose se lever pour protester, agit comme si le Québec était plongé dans une guerre civile, et il invoque ce climat qu'il a lui-même alimenté pour justifier ses mesures draconiennes contre les libertés élémentaires.
Il utilise une vieille stratégie qui consiste à criminaliser toute forme d'opposition et à monter en épingle le moindre dérapage ou incident qui dérange l'ordre public. Cette même stratégie a déjà été utilisée en France, en Espagne, en Grèce, en Italie, au Portugal : Criminaliser, à travers son inique loi 78, toute forme d'opposition légale, lui enlever toute légitimité, ridiculiser et malmener tout opposant, faire de chaque citoyen opposé à ses politiques un criminel en devenir, une personne susceptible de se retrouver en prison, à la suite d'accusations diverses plus ou moins graves ou d'amendes disproportionnées.
Et il n'hésite pas à envoyer dans la mêlée sa police, ses escouades armées, ses chevaux et même ses chiens comme on l'a vu récemment à Québec, pour insulter et ridiculiser les manifestants, les matraquer, les gazer et poivrer, les blesser gravement.
Nous sommes tous devenus des délinquants, des désobéissants civils pacifiques, mais le régime, à travers sa police, veut faire de nous des violents pour mieux monter l'opinion publique contre les centaines de milliers de manifestants. On a même vu un citoyen accusé de tentative de vol de la bicyclette d'un policier qui le frappait avec ladite bicyclette! Un acte instinctif de légitime défense est ainsi converti en agression et passible d'une condamnation devant les tribunaux.
Pendant ce temps, ce régime de plus en plus honni en profite pour brader en douce nos richesses naturelles, que ce soit dans le grand Nord québécois ou dans l'Île d'Anticosti.
À peu près tous les corps sociaux légalement constitués, des juristes aux travailleurs organisés membres des grandes centrales, de même que les étudiants des cégeps et des universités, en passant par la majorité des organismes de défense des citoyens, ainsi que ceux qui ne sont pas organisés en groupe de pression, comme les artistes, les humoristes, les auteurs-compositeurs-interprètes, les parents d'étudiants, les gens du troisième âge, s'opposent à ce gouvernement et réclament des élections pour pouvoir faire maison nette.
Jusques à quand abuseras-tu de notre patience, Jean Charest?