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La chronique de Bernard Landry

Déficit zéro... au revoir!

Bernard Landry
30/01/2009 09h14 

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L'équilibre des finances publiques n'est pas un dogme. C'est une question de bon sens. Le monde a payé assez cher pour avoir considéré des doctrines économiques comme des religions. Le communisme est mort et le capitalisme libéral est très mal en point.

L'économie existe pour subvenir aux besoins des gens. Sa seule règle sacrée doit être la recherche de la justice et de l'équité. Cela correspond en gros à la pensée de John Maynard Keynes dont la gloire posthume est amplifiée par la crise actuelle.

Pour lui il était évident que beau temps, mauvais temps l'État a des responsabilités économiques importantes. Quand l'économie tourne au ralenti, l'État doit relancer la demande par ses dépenses même s'il doit faire un déficit. Quand l'économie se rétablit, on rééquilibre le budget.

Les décideurs publics ont généralement bien saisi la première partie du message et se sont lancés dans la dépense. La deuxième fut moins bien comprise et certains gouvernements se crurent autorisés à s'installer dans le déficit perpétuel, d'où les lourdes dettes à Québec et Ottawa.

C'est pourtant simple. Même un foyer ordinaire qui gère sagement ses affaires comprend qu'on ne peut pas couvrir un constant surplus de dépenses par des emprunts sans fin. Surtout pour payer «l'épicerie».

PAS SI DRAMATIQUE

Au Québec, il a fallu longtemps avant de mettre entièrement le message en pratique. À notre décharge, la situation de nos finances était plombée par l'éternel déséquilibre fiscal avec Ottawa ce qui explique en partie nos cinquante années de déficits successifs. Largement pour des dépenses courantes. Ainsi, s'est accumulée une dette importante à laquelle s'ajoute notre part dans celle d'Ottawa. Indépendance ou pas.

Par ailleurs, le cas de notre dette au Québec n'est pas si dramatique en soi : un seul élément d'actif, Hydro Québec, vaut plus que tout notre passif. Ce ne serait déjà plus le cas si nos derniers gouvernements n'avaient pas recherché l'équilibre budgétaire. Raison de plus pour l'avoir fait avec l'appui des syndicats.

PRINCIPAL INCONVÉNIENT

Le problème c'est qu'à chaque année plusieurs milliards ne nos impôts ne vont pas à la santé, à l'éducation ou à la solidarité sociale, mais sont versés en intérêts aux créanciers. C'est déjà un inconvénient majeur. Peut-être plus grave encore est la question d'équité entre les générations. Comment peut-on se dire de gauche, ce qui correspond en principe à la recherche de la justice, et en même temps transférer à nos enfants, qui seront moins nombreux que nous pour l'acquitter, le fardeau de nos factures impayées?

Si le déficit budgétaire était une politique de gauche, George W. Bush serait le plus grand homme de gauche de tous les temps et Stephen Harper ne serait plus de droite!

Notre loi sur le déficit zéro avait d'ailleurs prévu que l'on pourrait s'en écarter si nécessaire. C'est probablement ce que fera Québec comme Ottawa l'a fait. Cela est conforme à une pensée économique réaliste et aux actions que requiert une récession. Une fois l'orage passé, il faudra revenir à l'équilibre en pensant aux générations futures...






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