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La chronique de Benoît Aubin

Le droit de savoir

Benoît Aubin
14/08/2008 05h58 

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L'information, c'est le pouvoir. Malheureusement, les gens au pouvoir ont besoin de se faire rappeler régulièrement que cette information ne leur appartient pas à eux. Elle appartient aux citoyens. À ceux qui les ont élus, ou qu'ils administrent. Ils ont tendance à l'oublier.

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Montréal-Nord s'embrase

Le compte-rendu avec photos et vidéos

C'est le sujet d'un différend, regrettable mais sérieux, entre le ministre de la Sécurité publique, M. Jacques Dupuis, et Le Journal de Montréal.

Le cabinet de M. Dupuis accusait hier le Journal de «faire de la politique». Cette réaction est venue après que le Journal eut publié hier, une liste de huit questions relatives aux incidents du week-end à Montréal-Nord, questions que nous aurions aimé poser au ministre Dupuis.

Des questions modérées et sérieuses, que chaque citoyen se pose en ce moment.

Nous voulions connaître la position du ministre sur la performance du service de police, l'état des effectifs, l'indice de danger dans le secteur, le type d'enquête proposé sur la mort de Freddy Villanueva, etc.

Malgré des demandes répétées de notre part et deux promesses formelles, l'entrevue n'eut jamais lieu.

Le Journal n'a pas été le seul média à attendre un appel du ministre hier. The Gazette, le Globe and Mail, et La Presse - ainsi que leurs lecteurs - ont connu le même sort.

POLITIQUE ÉDITORIALE

M. Dupuis s'est cependant rendu disponible pour les médias électroniques. Il a fait la tournée des émissions d'information matinales de Montréal hier matin.

Nous ne voulons par accuser le ministre de faire de la «politique éditoriale». Cependant, la question se pose : le gouvernement a-t-il opté pour une stratégie d'information privilégiant le direct et l'électronique et court-circuitant la presse écrite ?

La télévision et la radio sont des sources d'information sérieuses et crédibles. Cependant, les spécialistes savent qu'il est plus facile, pour un politicien habile, de «passer son message » et de «placer ses lignes de presse» lors d'une courte entrevue en direct que lors d'une entrevue plus élaborée avec la presse écrite.

En semblant privilégier ainsi un type de média, M. Dupuis privait aussi toute une tranche de la population d'informations importantes. Ce n'est pas tout le monde qui est à l'écoute de la radio ou de la télé à l'heure du petit-déjeuner. Il est beaucoup moins facile de retrouver ces entrevues sur Internet que d'ouvrir un journal...

Un jeune Montréalais a perdu la vie à la suite du tir d'un policier. Une manifestation pacifique fut suivie d'une émeute, qui a semé l'effroi et l'inquiétude. C'est la deuxième fois en quelques mois que la police semble mal préparée à contenir des manifestants.

LES LIGNES DE PRESSE

Les troubles de Montréal-Nord ont forcé le ministre à mettre fin à ses vacances et à revenir d'urgence aux affaires. Qu'il ait du pain sur la planche, on le comprend bien. Mais il n'en demeure pas moins que la population est en droit de savoir quelles sont exactement les positions de son gouvernement sur ces événements tragiques.

Placer des lignes de presse à la radio du matin, c'est faire de la politique. Mais répondre aux questions et aux inquiétudes du public est un devoir des élus.

NDLR: M. Dupuis a écrit un communiqué, hier, expliquant sa position. Voir son texte.






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