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L'horlogerie suisse fait une place aux montres connectées

L'horlogerie suisse fait une place aux montres connectées

Ce modèle de montre connectée de marque Tag Heuer était exposé à Baselworld.Photo Michael Buholzer / AFP

Les montres connectées commencent à trouver leur place dans les collections présentées à Baselworld, le grand salon de l'horlogerie qui se tient cette semaine en Suisse, mais ne font toujours pas l'unanimité chez les horlogers suisses.

Tissot, une des marques étendard de Swatch Group, le numéro un mondial de l'horlogerie, a ainsi dévoilé une montre connectée, la T-Touch Expert Solar, qui permet entre autres de retrouver ses clefs grâce à une petite balise, d'accéder à des données météorologiques, de régler des alarmes ou encore d'assister la navigation grâce à un GPS.

Dans une version de grand luxe, le joailler italien Bulgari, propriété du géant français du luxe LVMH, a quant à lui annoncé un partenariat avec l'émetteur de cartes Mastercard, pour permettre le paiement sans contact avec son modèle Diagono Magn@sium, en cours de développement, qu'il espère pouvoir commercialiser d'ici la fin de l'année.

L'an passé, les montres connectées avaient volé la vedette sur le salon qui se tenait quelques semaines seulement avant le lancement du modèle d'Apple, le géant américain de la technologie.

Seuls quelques produits, voire tout juste des projets, avaient pourtant été dévoilés, éclipsant la pléthore de montres traditionnelles présentées dans les salles d'exposition.

Les ambitions d'Apple avec sa montre connectée avaient fait craindre que l'horlogerie suisse ne rate un tournant technologique, ravivant en particulier le spectre de l'arrivée des montres quartz dans les années 1970 qui avait laminé l'horlogerie française et mis à genou l'horlogerie suisse.

«Nous n'avons pas l'impression qu'il y ait une compétition entre la montre connectée et la montre traditionnelle, ce qui n'était pas le cas avec le quartz», a affirmé Jean-Claude Biver, le patron de Tag Heuer, lors d'un entretien avec l'AFP.

«Le quartz tuait l'horlogerie traditionnelle», a insisté ce vétéran de l'horlogerie suisse.

Coexistence possible

Tag Heuer, la plus grosse marque de montres de LVMH, fait partie des premières maisons suisses à s'être lancées dans la montre connectée, grâce à un partenariat avec les américains Google et Intel.

La marque a déjà vendu près de 20 000 pièces, soit quatre fois plus que prévu, a-t-il chiffré, expliquant que sa montre connectée rencontrait un vif succès auprès des hommes âgés en moyenne de 35 ans.

«C'est bien que des marques suisses s'intéressent aussi à ce type de produits», a jugé Jean-Daniel Pasche, le président de la fédération horlogère suisse, qui s'est une fois encore dit convaincu que les montres connectées et traditionnelles pouvaient coexister.

«Après, c'est à chaque marque de définir sa stratégie dans ce domaine», a-t-il toutefois nuancé.

Si Tissot s'est lancé dans la montre connectée, son patron, François Thiébaud, a toutefois insisté sur le fait que les montres traditionnelles suisses, souvent offertes comme cadeau pour marquer les grandes étapes de la vie, avaient une vocation très différente.

«On ne porte pas une montre connectée pour aller à un mariage ou à l'opéra», a-t-il insisté lors de la conférence de presse d'ouverture de Baselwold.

Pour nombres de grandes marques de luxe, la montre connectée n'est toujours pas à l'ordre de jour, comme c'est le cas par exemple chez Chanel, qui cultive son ancrage dans le luxe intemporel.

«Chaque montre que nous créons est très souvent la base d'une histoire que nous racontons», a imagé Nicolas Beau, le directeur de la branche horlogère de la célèbre maison de la rue Cambon, à Paris, qui n'a pas l'intention de se lancer sur ce créneau «sauf si un jour nous avons une histoire connectée à raconter».

Le patron de Longines, une des marques haut de gamme de Swatch Group, n'entend lui aussi pas dévier d'un iota sur sa stratégie, se félicitant que d'autres marques du groupe moins chères aient pris ce créneau tout en estimant que le segment du luxe doit par contre soigner son image intemporelle.

«Ce genre de produits appartient à des marques comme Apple, comme Samsung et les nouvelles marques chinoises qui se découvrent», a-t-il fait valoir.

«Ceux qui croient à la révolution, à une contribution extraordinaire là-dedans, je leur souhaite bonne chance, je pense qu'ils se dispersent», a-t-il mis en garde.

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