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Montréal - Barbier, de père en fils
Photos: Carol-Anne Massé

Montréal

Barbier, de père en fils

Carol-Anne Massé | Canoe.ca  | 21 août 2012
 
 

«Mon grand-père était un barbier, mon père était un barbier… c'est simple», déclare Issa Slimani. Le propriétaire d'un salon de coiffure pour hommes qui ne passe pas par quatre chemins pour expliquer son choix de profession. Ayant appris le métier de son père, il coupe cheveux et barbes depuis 28 ans. Cinq jours par semaine, il accueille les clients dans son minuscule local de la rue Jean-Talon, où le passé saute aux yeux avant même que l'on ne pousse la porte.

«Je suis professionnel et patient», indique la pancarte placée devant le salon de coiffure. La large fenêtre, elle, est presque entièrement occupée par des affiches et collants invitant les passants à l'intérieur. Le fameux tourbillon blanc, rouge et bleu, vestige d'un temps où les barbiers de ce genre étaient rois, est bien en place sur la façade du 940, rue Jean-Talon Est. Aucun doute, une visite s'impose.

Une chaise en cuir beige devant un grand miroir, de vieilles photos de coupes de cheveux installées un peu partout dans l'unique pièce du salon et un nombre considérable de bibelots et de cadres dont le goût est discutable. Si Issa Slimani ne semble pas se spécialiser en décoration d'intérieur, lorsqu'il est question de cheveux et de barbes, il ne pourrait mieux s'y connaître. C'est sa spécialité. «Ça fait longtemps que je fais ça et j'aime mon métier», explique le coiffeur d'origine marocaine.

Avant de prendre possession de l'endroit qu'il occupe actuellement, le barbier a été employé ailleurs à Montréal pendant de nombreuses années, pendant lesquelles il a gagné beaucoup d'expérience. Depuis quatre ans, c'est tout près de la station de métro Jean-Talon qu'il travaille, dans un refuge de la coupe de cheveux qu'il a acheté d'un autre barbier maintenant retraité. « Le monsieur d'avant, il a travaillé ici pendant 44 ans», précise Issa Slimani, qui affirme avoir récupéré environ la moitié de la clientèle du coiffeur précédent.

Réservé aux hommes et aux enfants, le salon compte sur plusieurs clients réguliers, qui reviennent mois après mois. Pour en attirer de nouveaux, Issa Slimani garde ses prix le plus bas possible, jugeant que sa pancarte extérieure transmet toute l'information nécessaire aux passants. «Dix dollars pour une coupe, ça n'existe plus! souligne le père de famille. Maintenant, les coupes à Montréal vont de 15 à 25 $.» S'occuper des cheveux et barbes à petits prix et en un rien de temps, c'est son secret.

Celui qui a immigré au Québec il y a environ 25 ans a été témoin, au fil des années, d'une évolution dans le monde de la coiffure au masculin. Il raconte qu'avant, plusieurs hommes prenaient rendez-vous chez leur coiffeur uniquement pour se faire raser la barbe, certains y allant même chaque semaine. «Maintenant, les gens font leur barbe chez eux», remarque-t-il. Par contre, encore aujourd'hui, beaucoup de clients profitent de leur coupe de cheveux pour demander un léger ajustement au niveau de la barbe. Même des jeunes ne se gênent pas pour le réclamer.

Force est de constater qu'Issa Slimani n'est pas prêt de laisser tomber rasoir et ciseaux. Barbier un jour, barbier toujours.

 
 

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