Manuel Sperandio-Lemay
BUM

Les meneuses de claques et leur histoire

Manuel Sperandio-Lemay

Figures emblématiques de la culture sportive nord-américaine, les cheerleaders ne datent pas d'hier et ont évolué au fil des époques et des modes, pour devenir celles que nous connaissons aujourd'hui.

La petite histoire du cheerleading

S'il peut être étonnant d'apprendre que la discipline existe depuis plus de 100 ans, il l'est encore plus de constater qu'à l'origine, elle était pratiquée... par des hommes!

C'est au cours des années 1880 et 1890 que s'amorce l'aventure du cheerleading, à la prestigieuse université Princeton. Le point de départ de ce qui deviendra plus tard nos équipes de meneuses de claque modernes se matérialise d'abord par un simple slogan utilisé lors des matchs et compétition des athlètes de l'université.

Thomas Peebles, un diplômé de Princeton, reprendra la formule en 1898 en utilisant le slogan de son alma mater à l'Université du Minnesota. Cette fois, le succès de l'opération lui inspirera la première formation de cheeleading de l'histoire, une équipe composée de six hommes, alors appelés des «meneurs de foule». Il s'écoulera encore plusieurs décennies avant que les femmes puissent intégrer la discipline, avant de s'en emparer finalement au cours des années qui suivront.

Des athlètes à part entière

Bien qu'elles soient considérées par plusieurs comme des éléments complémentaires aux sports qu'elles contribuent à promouvoir et aux sportifs qu'elles encouragent, les meneuses de claque sont pourtant elles-mêmes des athlètes à part entière.

Un joli visage ou un corps avantageux ne suffit pas, ou ne suffit plus, pour joindre les rangs d'une équipe de cheerleading professionnelle, puisque la discipline requiert une forme athlétique incomparable et que certaines pirouettes ne sont pas à la portée de tout le monde.

L'hypersexualisation

Ces prouesses et performances sont souvent, à tort ou à raison, sous-estimées ou reléguées au second rang à cause de la sexualisation des protagonistes, souvent perçues comme des sexe-symboles et des fantasmes masculins.

Une partie de l'image véhiculée par les cheerleaders agace certains puristes et certains féministes, mais lorsqu'on se renseigne davantage, on se rend rapidement compte que ces filles ont souvent un bagage très riche. La plupart de ces femmes ne semblent pas en accord avec certains préjugés et aimeraient que l'on puisse apprécier la beauté et la complexité de leur sport sans nécessairement les réduire à une plus simple expression.

Lorsqu'on demande aux cheerleaders des Alouettes de Montréal ce qui est le plus difficile dans ce métier, le sujet revient rapidement sur le tapis. «Malheureusement, nous devons encore nous défendre contre certains préjugés et images préconçues», lance Nadine, co-capitaine de l'équipe.

«De devoir constamment se défendre contre les stéréotypes négatifs qui entourent les cheerleaders», soutient Joëlle, l'autre co-capitaine.

Les plus célèbres

Si les cheerleaders des Alouettes sont certainement les plus connues et les plus appréciées au Québec, d'autres équipes ont marqué l'histoire. Certaines meneuses de claques sont également devenues de grandes vedettes plus tard dans leur carrière.

On pense d'abord à l'illustre équipe de pom-pom girls des Cowboys de Dallas, dans la NFL, à l'origine de la version moderne et plus sexy que l'on connaît aujourd'hui.

Individuellement, il est surprenant d'apprendre que quatre anciens présidents américains ont été meneurs de claques au cours de leur vie. Il s'agit de George W. Bush, Ronald Reagan, Dwight D. Eisenhower et Franklin D. Roosevelt.

Teri Hatcher et Eva Longoria, deux Desperate Housewives, ont également été d'excellentes meneuses de claques, tout comme d'autres célébrités. Kirk Douglas, Madonna, Cameron Diaz, Meryl Streep, Halle Berry, Sandra Bullock, Stacy Kiebler, Paula Abdul, Fergie, Alicia Silverstone, Mandy Moore, Kirsten Dunst, Carrie Underwood et Jessica Simpson font également partie de cette liste.

D'autres auront mené de superbes carrières à la suite de leurs jours de meneuses de claques. De docteure à militaire (comme la militaire Rachel Washburn), de professeure à designer, ou encore de gestionnaire à artiste, tous ces métiers exercés et ces défis relevés par d'anciennes ou d'actuelles cheerleaders démontrent que ces femmes ne sont certainement pas que des personnages à pompons et mini-jupes.

Malgré le regard négatif de certaines personnes, les cheerleaders continueront longtemps de briller, de charmer et d'agrémenter le sport professionnel, grâce à leur pouvoir de séduction et leurs qualités athlétiques.

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