Mimi Cherry, la «sirène du fétichisme»

Salon de l'Amour et Séduction - Mimi Cherry, la «sirène du fétichisme»

 Photos Agence QMI

Marie-Josée Richard

Mimi Cherry, l'une des performeuses néo-burlesques et fétichistes les plus en vogue au Canada, ne cesse d'intriguer, en fait foi son passage au Salon de l'Amour et de la Séduction de Montréal en janvier dernier. Notre journaliste l'a rencontrée.

«Tout le monde a un fétiche, indique Mimi Cherry, en tenue légère (talons hauts, bas de nylon et porte-jarretelles, g-string, cache-mamelons) après sa prestation du dimanche 20 janvier en après-midi. Le plus commun des fétiches, ce sont les jeux de rôles, tels la maîtresse d'école, poursuit-elle. Bien des gars ont "trippé" sur le décolleté de leur prof étant enfant! »

Quelques instants plus tôt, on la voyait sobrement vêtue d'une chemise blanche et d'une jupe noire, arborant une coiffure de style pin-up, des lunettes lui donnant un air sérieux, une règle d'institutrice à la main. L'accompagnant sur scène, un élève, soit un jeune homme de style nerd, et un pupitre pour seul décor.

Sur son ardoise, l'apprenti s'exerce à des équations mathématiques. Il échoue, la maîtresse le menace de sa règle ; il réussit, elle s'attendrit, devenant du coup aguichante, roulant les hanches et se déshabillant avec grâce et sensualité. L'échange, qui se déroule sans paroles, non sans rappeler l'âge du cinéma muet, fait tantôt rougir, tantôt sourire.

Quand la prestation se termine, au bout d'une dizaine de minutes, le public formé tant par des hommes que des femmes semble être conquis, à en croire la chaude main d'applaudissements qui s'en suit. Les plus fascinés viendront ensuite prendre un cliché à ses côtés. Mais qui est cette Mimi Cherry?

L'art de divertir et de se dévêtir

«C'est une amie travaillant dans une boutique BDSM (bandage, domination, sado-masochisme) qui m'a fait connaître cet univers il y a sept ans, se souvient la diplômée en design de la mode, avec un intérêt pour la fourrure et le cuir . J'aimais déjà la scène gothique pour son aspect sombre et sexy, mais aussi les chaps et la lingerie. »

Aujourd'hui, elle ne s'en cache pas : elle aime surtout le latex. «C'est ma caractéristique propre en tant que modèle et performeuse fétichiste. Le latex est le plus grand attrait dans ce monde !» s'est-elle permis d'ajouter.

Depuis cinq ans, la Montréalaise d'origine, se plaît à mettre en scène différents jeux de rôle, tantôt maîtresse d'école, tantôt infirmière ou une ménagère.

Sans pudeur, elle avoue avoir un côté exhibitionniste. «Je dois mentionner que mon univers est très kinky et peut être plus hardcore. Cependant, c'est lors de mes performances dites "mainstream" que je reste plus soft pour rejoindre un plus grand public. »

«Je fais tout de A à Z, insiste-t-elle, parlant de ses prestations sur scène. Je choisis la musique, je pense à la chorégraphie et la mise en scène, aux costumes, aux concepts.»

Elle se dit d'ailleurs influencée par les années 40 et 50 et inspirée par le travail «magnifique» de John Galliano et par celui des effeuilleuses professionnelles , telles Lili St-Cyr, Roxy Dlite et Dita von Teese.

L'attrait des voyages

«C'est vraiment un plaisir d'être payée pour faire quelque chose que l'on aime! Mais bien peu d'artistes peuvent en vivre», déplore-t-elle. Pour l'heure, elle tire la moitié de ses revenus comme modèle, performeuse et participante à divers événements fétiches, dont tous les principaux en Amérique du Nord (Kink in the Caribbean, The Von Gutenberg Fetish Ball, Fetish Factory, Torture Garden,etc.). Faire la cover-girl d'un numéro du Von Gutenberg, un magazine phare de l'industrie du fétichisme, a fait grimper sa popularité.

Faire ce métier à temps plein? La demoiselle en rêve. Ses prestations l'ont amenée en Jamaïque, en Floride, à Los Angeles, à Toronto, à Halifax... et elle tient l'Europe dans sa mire.

Au pays de l'Oncle Sam, elle a aussi la cote, là où elle a troqué Cherry pour Chérie. «Les Américains adorent mon accent français », assure-t-elle. On n'a donc pas fini d'entendre parler de celle que l'on surnomme déjà : la sirène du fétichisme.

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