Jessica Lapinski
Journal de Montréal

Eli Bouchard, 9 ans, future vedette du snowboard?

Eli

Eli Bouchard, future vedette québécoise du snowboard...Capture YouTube

Jessica Lapinski

Avec Sébastien Toutant et Maxence Parrot, le nom des planchistes québécois résonne déjà fort sur la planète slopestyle. Et voilà que le jeune Eli Bouchard, 9 ans à peine, a été approché par l'organisation d'un événement chinois pour inspirer une génération d'athlète.

Eli et sa famille, de Lac-Beauport, s'envolent cette semaine vers Jilin, près de la frontière nord-coréenne. C'est là que se tiendra le Banana Open, une compétition qui offre 200 000 $ en bourses à ses participants, dont plusieurs de renom. Triple médaillé des prestigieux X-Games, Parrot y sera aussi.

«Les Chinois commencent à peine à s'intéresser à ce sport, a expliqué François Bouchard, le père du garçon. Ils ont vu Eli sur les réseaux sociaux, alors ils aimeraient le faire connaître à leur public pour les inciter à pratiquer ce sport en prévision des Jeux olympiques [de 2022, à Pékin].»

Presque à la même époque l'an dernier, une vidéo d'Eli effectuant un double saut périlleux arrière (un «double backflip», dans le jargon) faisait écarquiller les yeux des connaisseurs. Le petit planchiste est le plus jeune à avoir réussi pareille prouesse.

Rapidement, son exploit a fait le tour des publications spécialisées, attirant le regard des organisateurs du Banana Open.

Un prodige

Eli avait un an et demi quand il a mis les pieds sur une planche à neige pour la première fois. Au départ, son père François menait le clan, devant Eli et Zac, qui a aujourd'hui 13 ans. Leur mère Natacha suivait, s'assurant du bon déroulement de la descente.

«Imaginez une famille de canards!» a rigolé François Bouchard.

Rapidement, l'élève a voulu dépasser le maître. François a constaté que son fils Eli avait une «aisance naturelle» pour la glisse. De fil en aiguille, ses aptitudes l'ont amené à se spécialiser dans le slopestyle, cette discipline où les planchistes multiplient les figures acrobatiques tout le long d'un parcours sur lequel des rampes et des tremplins sont aménagés.

En famille

Bon élève, Eli suit ses cours de troisième année quatre jours par semaine. En plus du français, il apprend l'anglais et l'espagnol. Les trois autres journées sont consacrées à l'entraînement et aux compétitions.

Chaque jeudi soir, le clan de Lac-Beauport parcourt les quatre heures de route qui le séparent de Saint-Agathe-des-Monts. Eli développe ses sauts depuis deux ans avec l'entraîneur Maxime Hénault, aussi le mentor de Parrot, Toutant et de Mark McMorris.

«C'est important pour nous de faire ça en famille, pour qu'Eli n'ait pas l'impression que c'est un travail pour lui, que ça reste une partie de plaisir», a souligné M. Bouchard.

Les Olympiques dans sa mire

Au fil des ans, les Bouchard ont réalisé quelques voyages de snowboard. À Whistler et au Colorado s'ajoutera maintenant Jilin.

Il n'est pas encore certain qu'Eli disputera les compétitions les 25 et 26 janvier. Ça dépendra de plusieurs facteurs, dont les conditions météorologiques. À 4 pieds et 60 livres, il n'est pas non plus capable d'enchaîner tous les sauts comme les plus vieux.

Mais peu importe: à seulement 9 ans, cette expérience sera bénéfique pour la suite de sa carrière. D'autant que le prodige de la planche rêve de participer un jour aux Jeux olympiques.



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