Nicolas Fréret
Canoë

Tor des Géants: Joan Roch poursuit sa quête vers son sommet

Tor

Joan Roch lors de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc 2015.Photo courtoisie Flash Sport

Nicolas Fréret

Figure emblématique des courses en sentier au Québec, le Longueuillois Joan Roch multiplie les défis pour connaître ses limites, savoir jusqu'où il sera capable d'aller. Il vient d'avoir la confirmation que sa prochaine étape serait l'impressionnant Tor des Géants, en Italie, une course d'endurance en montagne en une seule étape de 330 km et 24 000 m de dénivelé positif.

«Enfin une course qui correspond à mes forces: avancer, avancer, avancer...» a-t-il plaisanté en apprenant qu'il était sélectionné pour participer à l'édition 2016.

Les Géants, ce sont le Mont-Blanc, le Grand-Paradis, le Mont-Rose et le Mont-Cervin, quatre montagnes de la chaîne des Alpes dont le sommet grimpe à plus de 4000 m d'altitude.

Joan Roch s'élancera en septembre prochain sur les chemins escarpés en quasi-autonomie, avec pour seule règle de passer la ligne d'arrivée en moins de 150 h, deux semaines seulement après avoir couru pour la deuxième fois le mythique Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB, 170 km, 10 000 m de dénivelé positif).

Ce père de trois enfants, qui ne parle jamais de lui comme d'un athlète, est connu pour avoir opté pour la course à pied comme moyen de transport depuis 4 ans. Il parcourt ainsi l'équivalent d'un demi-marathon par jour entre son domicile de Longueuil et son bureau de Montréal. C'est sa façon à lui de s'entraîner, sans incidence sur sa vie de famille. Il avale environ 5000 km par année, généralement dans la joie et la bonne humeur.

Depuis l'année dernière, conscient qu'il avait passé un cap dans ses aptitudes à courir partout et longtemps, quelles que soient les conditions, il enchaîne les épreuves d'endurance extrême. Il a couru six ultras en cinq mois, soit 1033 km et près de 35 000 m de dénivelé positif, dont le 120 km qui porte son nom à Saint-Donat, La Petite Trotte à Joan, l'UTMB et la Diagonale des fous, à La Réunion. Il en est sorti plus vivant que jamais.

«Je suis très curieux de valider ce que je pense avoir ressenti suite à l'UTMB et la Diagonale: que j'étais en mesure de continuer indéfiniment, a-t-il confié à Canoe.ca. Ce n'est bien entendu pas vrai, mais avec quatre ou cinq jours de course, je vais explorer un nouveau domaine.»

Deux Québécois au Tor des Géants

Un autre ultra-traileur québécois, Éric Breton sera de la partie au Tor des Géants.

«Nous allons préparer tous les détails de l'aventure ensemble, et nous mettrons le soutien familial en commun», s'est enthousiasmé Joan. Pour le reste, par contre, ce sera, en toute amitié, chacun pour sa peau.

«Impossible de suivre quelqu'un pendant un ultra, assure-t-il. C'est trop compliqué de suivre le rythme de quelqu'un d'autre. Les passages à vide n'arrivent jamais en même temps, ni les retours à une bonne forme relative.»

Entre l'UTMB et le Tor des Géants, Joan Roch fera la promotion en Europe du récit de ses aventures, Ultra-ordinaire, paru au début du mois au Québec, dans lequel il démystifie la pratique de la course à pied, s'appuyant entre autres sur les vertus du plaisir de courir.

«Le corps peut s'adapter à presque tout, à condition de lui donner la chance de montrer ce dont il est capable, écrit-il. [...] Je cherche encore ma limite. Je doute qu'elle existe vraiment.»

Cet été, Joan aura l'occasion de chercher encore un peu plus loin.

Ultra-ordinaire: Journal d'un coureur
de Joan Roch
Les Éditions de l'Homme
256 pages















En 2013, Joan Roch a filmé ses courses quotidiennes entre la maison et le travail, par tous les temps. Voici le résultat «en accéléré»:

Une vidéo de 7 minutes pour vous faire une idée de ce qu'est le Tor des Géants.

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